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L’Europe ne déclare pas la guerre aux onduleurs chinois, Pékin riposte.

La Commission européenne a exprimé ses inquiétudes concernant les onduleurs solaires provenant de pays qualifiés de « hauts risques », notamment la Chine, l’Iran, la Corée du Nord et la Russie. À partir du 15 avril 2027, les nouveaux contrats devront se conformer aux restrictions décidées par Bruxelles concernant les onduleurs issus de ces pays.


Un bras de fer est en train de s’engager entre deux grandes puissances. D’un côté, une Europe déterminée à reprendre le contrôle de certains composants énergétiques sensibles ; de l’autre, une Chine offensée, et bien décidée à ne pas se laisser faire.

Dans une installation photovoltaïque, les onduleurs ont pour rôle de convertir le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif compatible avec le réseau électrique. Mais l’un des points les plus importants à savoir concernant ces boîtiers, c’est qu’ils sont connectés.

Cet aspect numérique de l’onduleur constitue aujourd’hui une source d’inquiétudes pour les autorités européennes. Avec l’essor du solaire sur le continent, l’onduleur est devenu un point d’entrée potentiel pour des cyberattaques ou des opérations de sabotage.

Cette méfiance a même conduit la Commission européenne à envisager l’exclusion progressive des onduleurs chinois de ses infrastructures énergétiques. Une mesure qui pourrait générer de vives tensions entre l’Europe et la Chine.

### Vers l’exclusion des onduleurs chinois

Récemment, la Commission européenne a exprimé ses inquiétudes concernant les onduleurs solaires provenant de pays qualifiés de « hauts risques », notamment la Chine, l’Iran, la Corée du Nord et la Russie.

Bruxelles craint que ces dispositifs puissent être utilisés à des fins d’espionnage, de perturbation, voire pour provoquer des coupures d’électricité à grande échelle. En conséquence, elle a annoncé son intention de cesser de financer les nouveaux projets intégrant des onduleurs issus de ces pays. La Commission a plutôt appelé les États membres à se tourner vers des partenaires jugés plus fiables, comme le Japon, la Corée du Sud, la Suisse ou les États-Unis.

Si les projets déjà bien avancés continuent d’être évalués selon les règles actuelles, à partir du 15 avril 2027, les nouveaux contrats devront se conformer aux restrictions décidées par Bruxelles.

### Une mesure « discriminatoire » ?

La réaction de Pékin n’a pas tardé. Le ministère du Commerce chinois a dénoncé dans un communiqué le fait que la qualification de « hauts risques » était infondée, et a parlé de « traitement injuste et discriminatoire envers les produits chinois ». Au-delà des pertes économiques, c’est l’image des technologies chinoises à l’international qui est en jeu.

Un tel discours pourrait en effet ternir la réputation des produits chinois aux yeux des autres pays et fragiliser la domination de Pékin dans ce secteur. La Chine a également averti que ces restrictions risquent de briser la confiance mutuelle entre les deux blocs.

### La Chine prépare sa riposte

Dans son communiqué relaté par Reuters, le ministère a affirmé qu’il prendrait « les mesures nécessaires » pour défendre ses entreprises, sans préciser lesquelles. Si l’Europe maintient sa décision, ou si les restrictions venaient à se durcir, plusieurs scénarios de représailles sont envisageables. Pékin pourrait cibler certaines entreprises européennes présentes sur le marché chinois, ou renforcer les contrôles réglementaires sur des produits européens afin de compliquer leur accès à ce marché.

Un autre scénario serait une réduction de la coopération dans les domaines liés à la transition énergétique ou aux chaînes d’approvisionnement industrielles. Car il ne faut pas oublier que la Chine pèse environ 80 % du marché mondial des onduleurs et domine aussi la production de panneaux solaires, de batteries, de minerais critiques et de nombreux composants électroniques essentiels aux énergies renouvelables.