France

Les maires doivent-ils vraiment afficher le portrait du président ?

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a décroché le portrait du président Emmanuel Macron dans sa mairie, un geste qu’il considère comme un signe de protestation. Aucune loi n’oblige l’affichage du portrait présidentiel, et en 2023, une proposition de loi visant à rendre cet affichage obligatoire n’a jamais été examinée par le Sénat.


Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), revient sur le devant de la scène pour un acte simple : il a retiré le portrait du président Emmanuel Macron de sa mairie. Ce geste symbolique, constaté par des journalistes depuis avril, est pour lui une manière de protester contre la politique du président de la République.

Cependant, Bally Bagayoko n’est pas le premier à réaliser un tel acte. En janvier, Didier Cadro, maire de La Turballe (Loire-Atlantique), avait retourné la photo d’Emmanuel Macron pour alerter sur la situation du pays. En 2022, Nils Passaudet, le maire de Lavaurette, une petite commune rurale du Tarn-et-Garonne, avait également procédé de la sorte.

« Fin 2021, nous étions en pleine hystérie autour du passe sanitaire. Je ne suis pas antivax, mais nous étions assez nombreux chez nous à prôner la liberté vaccinale », raconte Nils Passaudet, un élu sans étiquette. À cette époque, Emmanuel Macron a déclaré vouloir « emmerder » les Français qui refusent le vaccin contre le Covid-19. « J’ai donc soigneusement retiré son portrait et l’ai envoyé à la préfète avec une lettre expliquant ce que j’en pensais. Ce n’était pas contre la fonction mais contre la personne. » Cela a conduit à un « imbroglio juridique », qui s’est terminé par un simple rappel à la loi.

Concernant l’affichage du portrait présidentiel, la loi ne l’impose pas. La Constitution définit le français comme « langue de la République », le drapeau tricolore comme « emblème national », la Marseillaise comme « hymne », et « Liberté, Égalité, Fraternité » comme « devise de la République ». Le reste est considéré comme folklorique. En 2023, une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République avait pour but de rendre cet affichage obligatoire. Bien qu’elle ait été votée à l’Assemblée nationale, elle n’a jamais été examinée par le Sénat ni promulguée.

Pour l’heure, le portrait d’Emmanuel Macron est-il toujours absent à Lavaurette ? « La préfète ne me l’a pas renvoyé ! » s’amuse Nils Passaudet. « Je suis quelqu’un de légaliste, si ce n’est pas obligatoire je ne vais pas aller m’en procurer un autre. À la place, j’ai mis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. » Il reste à voir si cela inspirera Bally Bagayoko.