Huawei investit dans le solaire et les batteries pour une recharge en 10 minutes.
Huawei a présenté au Salon de Pékin 2026 une version améliorée de son système de recharge pour voiture électrique dont la puissance peut grimper jusqu’à 1 500 kW en crête, intégrant des panneaux solaires et le stockage stationnaire d’énergie. Le système de recharge ultra-rapide de Huawei, dévoilé en 2025, avait une puissance crête de 1 500 kW et une intensité de 2 400 A, permettant de recharger une batterie de 300 kWh en une quinzaine de minutes.
Huawei a dévoilé au Salon de Pékin une version améliorée de son système de recharge pour voiture électrique, capable d’atteindre une puissance de crête de 1 500 kW. Ce système intègre désormais des panneaux solaires et le stockage stationnaire d’énergie. Cette avancée, bien que logique, se situe dans un contexte de compétition intense, où BYD et CATL intensifient également leurs efforts.
Après la course à l’autonomie, où les annonces de 1 000 km pour certaines voitures électriques se multiplient, la bataille se concentre maintenant sur la puissance de recharge. Ces dernières semaines ont été particulièrement actives à ce niveau. BYD a introduit son système Flash Charging 2.0, associé à sa nouvelle Blade Battery, qui permet une recharge de 10 à 70 % en environ 5 minutes. De son côté, CATL présente sa batterie Shenxing de troisième génération, capable de se recharger complètement en un peu plus de 6 minutes, sous condition d’avoir une infrastructure compatible.
Le système de recharge ultra-rapide de Huawei n’est pas entièrement nouveau, il avait été présenté en 2025 avec une puissance de 1 500 kW et une intensité de 2 400 A, permettant de recharger une batterie de 300 kWh en une quinzaine de minutes, selon le média chinois Bcar. Ce que Huawei met en avant au Salon de Pékin 2026 est surtout sa stratégie de déploiement à grande échelle, plutôt qu’une innovation radicale.
Huawei a structuré son offre, proposant des bornes refroidies à air (400 A), des unités à refroidissement liquide (800 A), et des systèmes plus puissants dépassant les 1 000 A, atteignant jusqu’à 1 440 kW. L’entreprise positionne son portefeuille comme une solution complète, englobant tout, de la borne au réseau, plutôt qu’une simple borne de recharge.
L’approche de Huawei diffère de celle de ses concurrents, BYD et CATL, qui se concentrent davantage sur la chimie des batteries. Huawei mise sur la création d’un écosystème.
Le point fort de cette présentation réside dans l’intégration d’une architecture solaire-stockage-recharge. Cette configuration consiste en un module de stockage de 215 kWh en courant continu qui capte l’énergie produite localement ou prélevée sur le réseau en dehors des heures de pointe, puis la restitue durant les phases de charge intensive. Ce système, déjà adopté par BYD pour sa borne Flash Charging de 1 500 kW, permet théoriquement de déployer des stations à haute puissance dans des zones où le réseau électrique est limité, évitant ainsi des raccordements coûteux, un problème que l’on rencontre en Europe où le réseau est souvent inadapté pour accueillir plusieurs bornes ultra-puissantes.
La performance de ces installations dépendra fortement des conditions d’ensoleillement, de la capacité de stockage et des pics de demande. Cette architecture hybride, bien que non exclusive à Huawei, constitue un argument central de son offre, susceptible d’attirer l’attention des opérateurs de recharge. En d’autres termes, ces bornes pourraient un jour être présentes sur nos routes, mais pas nécessairement sous l’étiquette Huawei.
Les performances décrites sont soumises à des conditions opérationnelles précises, et la réalité du terrain peut souvent être plus complexe que les chiffres avancés. Cependant, la barre des 10 minutes de recharge ciblée est désormais clairement dans le viseur de l’industrie. Les constructeurs européens, bien qu’actuellement légèrement en retrait, commencent également à se faire remarquer. Cela a été confirmé lors d’un test de charge effectué sur le nouveau Mercedes GLC électrique, qui se distingue comme l’un des modèles européens se rechargeant le plus rapidement.
Huawei n’aspire pas à rivaliser sur le plan de la chimie des batteries, domaine qui ne constitue pas son cœur de métier. L’entreprise préfère se concentrer sur la stabilité du réseau, la compatibilité entre les véhicules et la capacité à déployer rapidement des stations de recharge. Cette approche, moins impressionnante que la promesse d’une recharge en moins de 5 minutes, pourrait néanmoins s’avérer plus structurante à long terme, surtout si le développement d’infrastructures demeure le principal frein à l’adoption des véhicules électriques.

