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Guerre en Ukraine : Tension à Zaporijjia et crainte atomique croissante

La tension s’accroît autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, située en Ukraine mais contrôlée par la Russie depuis quatre ans, où un employé a été tué par un drone ukrainien, selon l’administration russe. En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2.900 milliards de dollars, marquant une onzième année consécutive de croissance, avec une augmentation de 2,9 % par rapport à l’année précédente, selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Vous avez manqué les derniers événements concernant la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous résume l’essentiel tous les soirs. Voici les points clés du lundi 27 avril 2026, au 1.524e jour du conflit.

Le fait du jour

La tension augmente autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, située en Ukraine mais sous le contrôle russe depuis quatre ans. Ce lundi, un employé a perdu la vie à la suite d’une attaque par drone ukrainien sur un atelier de la centrale, selon l’administration russe. « Toute attaque contre la centrale nucléaire constitue une menace non seulement pour les personnes, mais aussi pour la sécurité nationale », a-t-elle précisé.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé sur X qu’elle examinait l’incident. Son directeur, Rafael Grossi, « réitère que des frappes sur ou à proximité de centrales nucléaires peuvent mettre en danger la sûreté nucléaire et ne doivent pas avoir lieu ».

La centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, se trouve sur la rive sud du Dniepr, qui fait office de ligne de front entre les deux camps. Depuis le début de l’offensive russe, Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de menacer la sécurité nucléaire par leurs attaques sur le site, où les six réacteurs sont actuellement à l’arrêt.

L’opérateur nucléaire public ukrainien Energoatom a signalé dimanche que la centrale avait de nouveau été privée d’électricité, essentielle pour le fonctionnement des systèmes de refroidissement. Le même jour, Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de « terrorisme nucléaire ».

La déclaration du jour

« J’ai la conviction que l’armée et le peuple russes remporteraient sans aucun doute la victoire dans cette guerre sacrée et juste »

Ces propos émanent de Kim Jong Un. Le dirigeant nord-coréen a réaffirmé son soutien à l’invasion russe de l’Ukraine, promettant d’aider Moscou à remporter la bataille, selon des médias d’État. Cette déclaration intervient après le passage de plusieurs hauts responsables russes à Pyongyang ces derniers jours, dont le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov.

La Corée du Nord « soutiendra comme toujours pleinement la politique de la Fédération de Russie visant à défendre la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et les intérêts sécuritaires », a ajouté Kim Jong Un.

Le chiffre du jour

2.900 milliards de dollars. C’est le montant considérable alloué mondialement aux dépenses militaires en 2025, représentant une onzième année consécutive de hausse due à de multiples conflits, selon un rapport publié lundi. Les trois principaux contributeurs, les États-Unis, la Chine et la Russie, ont compté pour plus de la moitié de ce total.

Cette augmentation de 2,9 % sur un an survient malgré une baisse des dépenses militaires américaines, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Cette baisse a été largement compensée par une hausse en Europe et en Asie, dans un contexte marqué par « une nouvelle année de guerres et d’intensification des tensions », a expliqué Lorenzo Scarazzato, chercheur au Sipri. « Le fardeau militaire », c’est-à-dire la part du PIB mondial consacrée aux dépenses militaires, est à son plus haut niveau depuis 2009.

Il convient de noter que les dépenses de la Russie ont augmenté de 5,9 % pour atteindre 190 milliards de dollars, soit 7,5 % du PIB. L’Ukraine, pour sa part, a accru ses dépenses de 20 % pour atteindre 84,1 milliards de dollars, soit 40 % de son PIB.

La tendance

Les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) se réunissent aux Nations Unies à partir de ce lundi, alors que les tensions entre les puissances nucléaires mondiales suscitent des craintes d’une nouvelle course à l’armement atomique.

Lors de la dernière conférence de révision de ce traité en 2022, à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait alerté que l’humanité était « à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire ».

« Depuis trop longtemps, le Traité oscille entre la vie et la mort. Les engagements ne sont toujours pas tenus. La confiance et la crédibilité s’effritent. Les moteurs de la prolifération montent en puissance. Il nous faut donner une nouvelle vie au Traité », a plaidé Antonio Guterres en ouverture de la conférence. « Le succès ou l’échec de cette conférence aura des implications bien au-delà des cinq prochaines années, la perspective d’une nouvelle course aux armements nucléaires plane au-dessus de nos têtes », a souligné le président de la conférence, Do Hung Viet.

Les pays du G7 expriment une préoccupation particulière face à « l’important renforcement et la modernisation des arsenaux nucléaires de la Chine et de la Russie ».