Huawei parie sur le solaire et les batteries pour une recharge en 10 minutes.
Huawei a présenté au Salon de Pékin 2026 une version améliorée de son système de recharge pour voiture électrique dont la puissance peut grimper jusqu’à 1 500 kW en crête, intégrant des panneaux solaires et le stockage stationnaire d’énergie. BYD a présenté son système Flash Charging 2.0, qui revendique 10 à 70 % de charge en environ 5 minutes en puissance de crête.
Huawei a présenté lors du Salon de Pékin une version améliorée de son système de recharge pour voitures électriques, dont la puissance peut atteindre jusqu’à 1 500 kW en crête. Ce système intègre désormais des panneaux solaires et du stockage stationnaire d’énergie. Cette évolution intervient dans un contexte de concurrence intense où BYD et CATL redoublent d’efforts.
Après la bataille de l’autonomie, au cours de laquelle aucun vainqueur ne s’est véritablement dégagé, chaque constructeur annonçant étrangement des autonomies approchant les 1 000 km pour certains modèles, et bien plus pour les voitures électriques à prolongateur d’autonomie, la tendance se déplace maintenant vers l’amélioration de la puissance de recharge.
Ces dernières semaines ont vu des développements significatifs dans ce domaine. BYD a dévoilé son système Flash Charging 2.0, associé à une nouvelle Blade Battery, capable de fournir une recharge de 10 à 70 % en environ 5 minutes. Pour sa part, CATL a annoncé que sa batterie Shenxing de troisième génération permettait une charge complète en un peu plus de 6 minutes, à condition de disposer d’une infrastructure adéquate.
Le système de recharge ultra-rapide de Huawei n’est pas véritablement inédit, ayant été présenté en 2025 avec une puissance de 1 500 kW et une intensité de 2 400 A, capable de recharger une batterie de 300 kWh en environ 15 minutes, selon le média chinois Bcar. La présentation au Salon de Pékin 2026 témoigne d’une volonté de déploiement à grande échelle plutôt que d’une innovation technologique décisive.
L’approche de Huawei se distingue de ses concurrents, qui se concentrent principalement sur la chimie des batteries. Au contraire, Huawei mise sur la création d’un écosystème plus large.
L’un des éléments pratiques de cette présentation est l’intégration d’une architecture associant l’énergie solaire, le stockage et la recharge. Un module de stockage de 215 kWh en courant continu peut stocker l’énergie produite localement ou prélevée sur le réseau lors des heures creuses, afin de la redistribuer lors des phases de charge intensive. Cette solution a déjà été adoptée par BYD pour sa borne Flash Charging de 1 500 kW.
Cela permet potentiellement de déployer des stations à haute puissance dans des zones où le réseau électrique est limité, évitant ainsi des raccordements coûteux. Cette problématique s’avère pertinente en Europe, où le réseau n’est pas toujours adapté pour accueillir plusieurs bornes de recharge ultra-puissantes.
En revanche, la performance réelle de ces installations dépendra des conditions locales, telles que l’ensoleillement, la capacité de stockage et la demande en énergie. Bien que ce type d’architecture hybride ne soit pas exclusif à Huawei, l’entreprise l’intègre comme un élément central de son offre commerciale, ce qui pourrait intéresser les opérateurs de recharge. Ainsi, les bornes pourraient être présentes sur les routes, mais pas nécessairement sous la marque Huawei.
Les performances de recharge restent soumises à des conditions spécifiques, et la réalité opérationnelle est souvent plus nuancée que les chiffres présentés. Cependant, l’ensemble de l’industrie fixe désormais son regard sur la barre des 10 minutes pour la recharge.
Les constructeurs européens ne sont pas en reste, même s’ils ont encore un léger retard. Lors d’un essai, par exemple, le nouveau Mercedes GLC électrique, qui recharge assez rapidement, a montré ce potentiel.
Huawei ne vise pas à rivaliser sur le domaine de la chimie des batteries, n’étant pas son cœur de métier. L’entreprise préfère se concentrer sur la stabilité des réseaux, la compatibilité entre véhicules et la rapidité de déploiement des stations. Cette stratégie est moins impressionnante sur le papier qu’une recharge en moins de 5 minutes, mais pourrait, à long terme, s’avérer plus structurante si le déploiement d’infrastructure continue d’être un obstacle à l’adoption généralisée des véhicules électriques.

