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Menace russe : collaboration entre la France et la Pologne sur dissuasion nucléaire

Emmanuel Macron et Donald Tusk ont donné lundi à Gdansk, dans le nord de la Pologne, un nouvel élan à la coopération franco-polonaise. En 2026, les dépenses militaires de la Pologne devraient dépasser 4,8 % du PIB.


Dissuasion nucléaire, satellites militaires, industrie de défense : les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk ont relancé lundi à Gdansk, dans le nord de la Pologne, la coopération franco-polonaise. « Il y aura des travaux d’ici à l’été qui permettront d’avancer sur les avancées concrètes » dans le domaine de la dissuasion nucléaire, a déclaré le président français.

« Dans les choses que nous allons évidemment considérer, il y a l’échange d’informations, il y a des exercices conjoints, il peut y avoir des déploiements » d’avions français porteurs de l’arme nucléaire en Pologne, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre polonais.

Paris et Varsovie vont également aborder le soutien des forces conventionnelles polonaises à la dissuasion française dans les domaines de « la défense sol-air, la longue portée, les systèmes d’alerte avancée et le spatial ».

Selon le chef du gouvernement polonais, « notre coopération, qu’il s’agisse du domaine nucléaire ou des exercices conjoints […] est une coopération qui ne connaît aucune limite ». Un accord a également été signé pour le développement d’un satellite géostationnaire de télécommunications militaires destiné aux forces armées polonaises par les géants européens Airbus et Thales, ainsi que le groupe polonais Radmor, en présence des ministres de la Défense français et polonais, selon un communiqué commun des trois sociétés.

La Pologne a considérablement investi ces dernières années dans la modernisation de ses forces armées. En 2026, ses dépenses militaires devraient dépasser 4,8 % du PIB, la plaçant loin devant ses partenaires européens et en faisant l’un des budgets les plus élevés de l’Otan.

Elle a également effectué d’« énormes commandes de F35, hélicoptères d’attaque Apache, missiles Patriot et chars Abrams » américains, souligne un diplomate européen proche du dossier. Bien que la Pologne ait retrouvé un élan pro-européen avec Donald Tusk, elle demeure fondamentalement attachée à la relation avec les États-Unis.

Le président nationaliste Karol Nawrocki, avançant une menace sur « l’indépendance » de son pays, s’oppose à la participation de la Pologne au programme Safe de l’UE, qui représente des dizaines de milliards d’euros pour sa défense, alors que le gouvernement y voit une opportunité pour moderniser son armée et son industrie.

Le sommet de Gdansk constitue la première application concrète du traité d’amitié et de coopération renforcée signé le 9 mai 2025 à Nancy, qui a élevé la Pologne au rang des principaux alliés de la France, à l’instar de l’Allemagne.