Tunisie

Zahrouni conteste l’émotion face à l’histoire et au droit au Conseil supérieur.

Ridha Zahrouni, à la tête de l’Association tunisienne des parents d’élèves, a récemment pris position sur les vives réactions entourant les nouvelles nominations au sein du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement. Dans un message publié sur Facebook, il dénonce ce qu’il considère comme une mécompréhension des bases juridiques qui régissent cette institution.

Le Conseil, fondé en 1888 sous le nom de « Conseil de l’instruction publique » durant la période beylicale, a subi de nombreuses transformations au fil des décennies. Il a été rebaptisé « Conseil supérieur de l’éducation nationale » en 1958, puis a adopté plusieurs appellations, dont celle de « Conseil supérieur de développement des ressources humaines » en 2002, avant de retrouver son appellation actuelle dans la Constitution de 2022. Ces changements témoignent des adaptations nécessaires aux réformes politiques et organisationnelles du système éducatif tunisien.

Les attributions du Conseil ne se limitent pas à l’éducation scolaire, mais englobent également l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, la formation professionnelle et les perspectives d’emploi. Selon l’article 135 de la Constitution, sa mission principale est de donner un avis sur les grandes orientations des politiques publiques dans ces domaines interconnectés. Zahrouni souligne que le Conseil ne dépasse pas les compétences des ministères concernés, son rôle étant de nature stratégique, distinct de la gestion quotidienne.

La structure actuelle du Conseil inclut une instance supérieure, dirigée à tour de rôle par l’un des sept ministres membres permanents. Cette instance est soutenue par deux comités, quatorze experts et neuf évaluateurs, avec la possibilité d’ajouter des commissions temporaires ou des experts extérieurs selon les besoins.

Concernant les récentes nominations, Zahrouni précise qu’elles ne concernent que le secrétaire général et certains membres de l’instance supérieure, désignés par les ministères. La composition complète du Conseil reste encore à finaliser, avec la nécessité de nommer les membres des comités d’experts et d’évaluation, ainsi qu’un représentant syndical, sans oublier les commissions prévues par la législation. Ce n’est qu’après l’achèvement de ce processus que le Conseil sera en mesure d’émettre des avis éclairés et des positions sur les questions qui lui sont soumises.