Tunisie

Violences sexuelles en Tunisie : seulement 50 % des cas signalés

Le chef du service de médecine légale de l’hôpital universitaire « Charles Nicolle », Mohamed Allouche, a révélé ce jeudi à Tunis que les cas de violences sexuelles signalés ne représentent que la moitié du nombre réel de victimes. Il a souligné que six gouvernorats ne disposent pas de services de médecine légale, mais que l’adoption de ce protocole permettra aux urgentistes et aux gynécologues-obstétriciens ayant suivi une formation spécialisée dans ce domaine d’assurer une prise en charge médico-légale des femmes victimes de violences sexuelles.


Le chef du service de médecine légale de l’hôpital universitaire « Charles Nicolle », Mohamed Allouche, a déclaré ce jeudi à Tunis que les cas de violences sexuelles rapportés ne représentent que la moitié du nombre réel de victimes, ce qui rend difficile la collecte de données nationales fiables sur ce phénomène. Cela se produit malgré l’existence de certaines statistiques fournies par le rapport annuel sur la protection de l’enfance en danger publié par l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

« Cela s’explique principalement par le sentiment de honte, de gêne et de crainte de stigmatisation sociale éprouvé par de nombreuses victimes, ce qui les pousse au silence et les empêche de signaler les agressions dont elles sont victimes », a-t-il précisé dans une déclaration à l’agence TAP lors d’un colloque international annonçant l’élaboration d’un projet de protocole national. Ce protocole vise à garantir la prise en charge médico-légale et psychologique des victimes de violences sexuelles.

Il a ajouté que la médecine légale s’occupe généralement des cas d’agression sexuelle uniquement à la demande de la brigade spécialisée dans les enquêtes sur les crimes de violence contre les femmes et les enfants, ou sur ordre d’un juge d’instruction ou d’un procureur de la République. Le nouveau protocole permettra néanmoins de traiter les cas d’urgence lorsque l’agression a eu lieu moins de 24 heures auparavant.

Parmi les principaux objectifs de ce protocole, il a mis en avant la sensibilisation à l’importance de signaler les faits et de se présenter à la médecine légale dans un délai ne dépassant pas trois jours après l’incident, tout en visant à réduire la stigmatisation sociale qui touche les victimes de violences sexuelles.

La mise en application du protocole débutera après la remise de sa version officielle au ministre de la Santé, prévue pour le mois de septembre prochain. Il a souligné que les services de médecine légale offrent actuellement des prestations aux victimes de violences sexuelles, mais que la valeur ajoutée du protocole réside dans l’harmonisation des mécanismes de prise en charge des victimes et le renforcement de la coordination entre les différents acteurs au niveau national.

Il a également indiqué que six gouvernorats ne disposent pas de services de médecine légale. L’adoption de ce protocole permettra cependant aux urgentistes et aux gynécologues-obstétriciens ayant bénéficié d’une formation spécialisée d’assurer une prise en charge médico-légale des femmes victimes de violences sexuelles.

Le protocole prévoit des mécanismes d’accueil pour les victimes de violences sexuelles, les étapes d’information et d’obtention du consentement, ainsi que les procédures d’examen physique et d’examen des organes génitaux pour rechercher d’éventuelles traces d’agression en cas de viol.

De plus, il inclut le prélèvement d’échantillons pour les examens nécessaires, comme le dépistage des maladies sexuellement transmissibles résultant de l’agression et la réalisation d’analyses génétiques, afin d’assurer la conservation des preuves et de fournir des soins médicaux adaptés aux victimes.

Enfin, le protocole accorde une attention particulière au soutien psychologique des victimes de violences sexuelles en proposant un accompagnement psychologique assuré par des psychologues spécialisés.