Tunisie

Tunisie : pour la première fois, les espèces dépassent 30 milliards de dinars

Les dernières statistiques de la Banque centrale de Tunisie révèlent une tendance marquante : pour la première fois, le montant des espèces en circulation dans le pays a franchi la barre des 30 milliards de dinars. Au 21 août, ce chiffre s’élevait à 30,04 milliards de dinars, en hausse par rapport aux 25,9 milliards de dinars enregistrés un an plus tôt, soit une augmentation d’environ 16 %, équivalente à plus de 10,5 milliards de dollars.

Cette montée en flèche des espèces, qui échappent en partie au système bancaire, soulève des inquiétudes quant à la liquidité du secteur bancaire. En effet, une proportion croissante de ces fonds n’est pas déposée dans les banques, ce qui limite les ressources disponibles pour le financement des crédits destinés aux ménages et aux entreprises.

Des experts financiers, relayés par Reuters, avancent que cette évolution pourrait être en partie attribuée aux nouvelles régulations sur l’utilisation des chèques. Les récentes législations ont renforcé les restrictions et les sanctions en cas de chèques impayés ou non valides, incitant ainsi certains particuliers et petites entreprises à privilégier les paiements en espèces.

Malgré la montée des paiements électroniques et des services bancaires numériques, leur adoption demeure lente en Tunisie. Le cash reste le mode de paiement privilégié, surtout dans les zones rurales et moins urbanisées.

Pour les établissements financiers tunisiens, cette tendance à la hausse des espèces représente un défi majeur. Les liquidités retirées des comptes et conservées sous forme de cash ne contribuent plus à la base de dépôts, essentielle pour le financement de l’économie. Cette situation pourrait accentuer les contraintes sur la liquidité bancaire et met en lumière les difficultés persistantes de la Tunisie à accélérer la digitalisation des paiements et à diminuer sa dépendance à l’argent liquide.