
Transition énergétique : 80 % d’énergies renouvelables d’ici 2050
Le gouvernement tunisien s’est lancé dans un plan visant à exploiter les ressources renouvelables du pays pour satisfaire la demande intérieure et d’exportation. La Tunisie produit environ 96 % de son électricité à partir de gaz naturel, dont plus de 50 % est importé.
Le développement des énergies renouvelables est au centre de la politique énergétique nationale, qui vise à diversifier les sources d’approvisionnement en énergie. L’efficacité énergétique, en parallèle avec le développement des énergies renouvelables, constitue une priorité dans la stratégie énergétique nationale. Des plans d’action pour améliorer l’efficacité énergétique ont été établis dans tous les secteurs clés, notamment les transports, l’industrie et le bâtiment.
Étant donné le vaste potentiel d’énergies renouvelables (solaire et éolienne) dont dispose le pays, il est prévu de constituer un mix énergétique diversifié, favorisant les énergies renouvelables, afin de répondre à la demande croissante en électricité, de préserver l’environnement et de diminuer notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur.
Pour un pays comme la Tunisie, qui importe de l’énergie, cette question est cruciale, et la transition énergétique est synonyme de souveraineté et de durabilité économique. L’objectif est de réduire la dépendance énergétique tout en assurant une transition progressive et maîtrisée, nécessaire pour l’avenir économique et social. Grâce à des investissements significatifs dans les énergies renouvelables, principalement le solaire et l’éolien, le pays vise à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles.
Dans le but d’améliorer la sécurité énergétique du pays, de réduire les tensions sur le marché de l’électricité et d’atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique, le gouvernement a lancé un ambitieux plan visant à exploiter judicieusement les grandes ressources renouvelables du pays pour répondre à la demande intérieure ainsi qu’à celle de l’exportation.
Ce plan a pour objectif de développer davantage les énergies renouvelables pour réduire la dépendance de la Tunisie au gaz naturel, qui est la principale source de production d’électricité, et d’optimiser les importations d’électricité en période de pointe estivale. Il vise également à atteindre des objectifs en matière de contribution au mix électrique et à développer de nouveaux marchés d’exportation d’électricité. Le plan solaire prévoit que la contribution des énergies renouvelables dans le mix électrique atteigne 30 % d’ici 2030, suivi d’un objectif de 50 % en 2035 selon la stratégie nationale du secteur de l’énergie, et d’un ambition porté par la Stratégie nationale bas carbone pour atteindre 80 % en 2050.
Le projet Elmed, d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, arrive à un moment opportun pour contribuer au développement des énergies renouvelables et permettre une diversification des fournisseurs en cas de nécessité d’importation d’électricité. Ce projet vise également à diversifier et sécuriser l’approvisionnement énergétique, notamment électrique de la Tunisie, étant donné la forte dépendance du pays au gaz naturel, majoritairement importé pour la production d’électricité. Il permet à la Steg de s’approvisionner en électricité à moindre coût. Bien que le potentiel des énergies renouvelables soit significatif et que les objectifs pour 2030 soient ambitieux, les réalisations restent limitées.
La Tunisie est très dépendante du gaz naturel pour produire son électricité, avec près de 96 % de l’électricité générée à partir de cette source fossile, dont plus de 50 % provient des importations. Cela expose le pays à une vulnérabilité économique accrue en raison des fluctuations des prix des énergies. Par ailleurs, bien que la Tunisie dispose d’un potentiel considérable en efficacité énergétique et énergies renouvelables, ces secteurs demeurent largement sous-exploités. Dans ce contexte, une stratégie ambitieuse de transition énergétique a été définie pour atteindre plusieurs objectifs clés d’ici 2030 : réduire l’intensité énergétique de 30 %, produire 35 % de l’électricité avec des énergies renouvelables et diminuer l’intensité carbone de 45 % par rapport aux niveaux de 2010.
Ces objectifs sont essentiels pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne face aux perturbations extérieures, telles que l’augmentation des prix des énergies fossiles, réduire le déficit budgétaire en diminuant les importations et les subventions liées à l’énergie, tout en ouvrant la voie à la création de nouveaux emplois « verts ».
Pour atteindre ces objectifs, il est impératif de renforcer les mécanismes d’investissement, d’améliorer les compétences des acteurs publics et privés, et de garantir la stabilité du réseau électrique afin d’intégrer efficacement une part croissante d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national.
Les défis économiques et environnementaux de cette transition sont multiples : mobiliser les investissements nécessaires, sécuriser les financements internationaux sans alourdir l’endettement public, et garantir que les nouveaux projets ne compromettent pas la souveraineté sur les actifs stratégiques.
Dans le cadre de la stratégie nationale de l’énergie, un programme de réforme a été conçu, axé sur le rétablissement des équilibres financiers de la Steg, l’amélioration de son rendement commercial et technique, le recouvrement de ses créances et le développement de sa gouvernance, avec un contrat-programme s’étalant de 2024 à 2028.
Le programme prévoit également la réalisation de plusieurs projets structurants, dont celui d’un corridor électrique reliant le nord et le sud du pays pour assurer le transport de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables. Il comprend aussi la poursuite de la réhabilitation des réseaux, le lancement de l’installation de 150 000 compteurs intelligents dans une première phase, ainsi que l’amélioration de la qualité des services.
