Tunisie

Retraite à 50 ans : les députés souhaitent abolir la condition des trois enfants.

Un nouveau projet de loi a été proposé par un groupe de députés pour réformer les conditions de retraite anticipée des femmes dans le secteur privé, a annoncé Zine Jebali, député et rapporteur de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), lors d’une intervention sur Jawhara FM. Cette initiative vise à abroger l’exigence actuelle qui stipule qu’une femme doit avoir eu au moins trois enfants pour pouvoir bénéficier d’une retraite anticipée à 50 ans.

Jebali a précisé que cette démarche est une initiative parlementaire et non un projet gouvernemental. Néanmoins, il a exprimé l’espoir que le gouvernement apporte son soutien à cette proposition pour en faciliter l’adoption et la mise en œuvre.

Au cœur de cette réforme se trouve la volonté de supprimer une condition jugée obsolète. Selon Jebali, le critère du nombre d’enfants ne reflète plus la réalité sociale actuelle et crée une inégalité parmi les femmes. Il a souligné que cette exigence ne tient pas compte de divers facteurs sociétaux, tels que le report de l’âge du mariage, les choix personnels en matière de famille, ainsi que des situations sociales et médicales spécifiques.

La proposition de loi prévoit également une réduction de l’ancienneté professionnelle requise pour accéder à la retraite anticipée. Les femmes concernées devront justifier de 20 années de travail, contre près de 30 années selon les règles actuelles. Cette mesure vise à rendre le dispositif plus accessible et mieux adapté aux parcours professionnels des femmes.

Le texte s’appliquerait à toutes les affiliées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du secteur privé, incluant tant les salariées que les travailleuses indépendantes qui cotisent directement à la CNSS.

Les initiateurs de ce projet estiment qu’il répond à une demande croissante pour renforcer la protection sociale des femmes et faciliter la conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales. Cette réforme s’inscrit dans un cadre plus large de modernisation des lois sociales, afin de les adapter aux évolutions démographiques et économiques de la Tunisie.

Le projet de loi suivra désormais le parcours législatif habituel au sein de l’ARP, avant d’être soumis à un débat et à un vote des députés.