Tunisie

Réinvention et transformation sectorielle : enjeux et perspectives.

Au terme du premier trimestre 2026, le déficit commercial s’est creusé à 5,2 milliards de dinars, soit une hausse de plus de 188 millions de dinars par rapport à la même période de l’année écoulée. En raison de l’instabilité de la conjoncture géopolitique, le déficit budgétaire pourrait s’aggraver en 2026 pour se situer aux alentours de 7,6% contre seulement 5,2% une année auparavant.


SI le Chef de l’État s’engage systématiquement dans la problématique de la limitation des importations et de la valorisation de nos exportations, notamment pour nos produits stratégiques, c’est que l’enjeu mérite clairement une attention particulière.

Les derniers rapports des institutions spécialisées, qu’elles soient nationales, régionales ou internationales, confirment cette analyse. Selon les derniers indicateurs de l’Institut national de la statistique (INS), le déficit commercial a atteint 5,2 milliards de dinars à la fin du premier trimestre 2026, ce qui représente une augmentation de plus de 188 millions de dinars par rapport à la même période de l’année précédente. Cette tendance pourrait continuer à croître, sauf si des scénarios de réponse adéquats sont élaborés, comme le suggèrent le FMI et la Banque mondiale.

La même observation s’applique à notre déficit budgétaire, qui, en raison de l’instabilité géopolitique, pourrait se détériorer considérablement en 2026, atteignant environ 7,6%, comparé à seulement 5,2% l’année précédente, comme évoqué lors des Réunions de printemps des deux institutions de Bretton Woods.

Face à un tel tableau préoccupant, nos décideurs doivent agir avec prudence. Il est essentiel de maintenir une discipline budgétaire rigoureuse, destinée à renforcer les ressources propres de l’État et à prioriser les programmes selon leur importance et leur urgence.

Ainsi, en plus de l’éternelle question énergétique et de la nécessité de réduire notre dépendance au marché international grâce à une transition vers des ressources alternatives, la valorisation de nos secteurs, en particulier ceux à fort potentiel, s’impose comme une priorité.

Il est vrai que nos principaux secteurs, qui jouaient jadis un rôle stratégique dans l’exportation, peinent aujourd’hui à maintenir, malgré un potentiel intact, le même rythme, à l’exception des industries mécaniques et électriques qui se portent plutôt bien. Pourtant, elles ont encore la possibilité de mieux faire.

On peut penser notamment au secteur du textile-habillement qui, malgré les affirmations de certains experts auto-proclamés, s’éloigne de ses performances habituelles. Ce secteur stratégique, qui représentait récemment environ 40 % des emplois dans toutes les industries manufacturières et près de 50 % de leurs exportations, étant devenu le quatrième fournisseur de l’Europe, n’est plus en mesure de rééditer ce succès en raison d’un manque de réactivité. Sa chute au 9e rang des fournisseurs de l’Europe en témoigne de son état de « santé ».

Ce constat se vérifie également pour d’autres activités qui traversent malheureusement une période similaire de stagnation. Cela nécessite une réinvention et une transformation complète de leur mode de fonctionnement.