
Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien : Fête de la musique réussie
La grande salle du Théâtre de l’Opéra était archicomble lors de la soirée du 21 juin pour fêter la musique avec Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien dirigé par Youssef Belhani. Ramy Ayach a déclaré qu’il souhaite recevoir des propositions de textes et autres offres de collaborations pour chanter en dialecte tunisien.
L’artiste libanais Ramy Ayach a retrouvé son public fidèle et passionné lors d’un concert qui a une fois de plus mis en lumière son immense talent ainsi que le charisme des musiciens tunisiens qui l’ont accompagné.
La grande salle du Théâtre de l’Opéra était pleine à craquer le 21 juin pour célébrer la musique avec Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien, dirigé par Youssef Belhani. L’artiste a été accueilli sous des applaudissements nourris après une introduction instrumentale avec « Ye khlila ». Il a remercié la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi ainsi que l’ambassadeur libanais, présents dans le public, tout en soulignant le lien spécial qu’il entretient avec la Tunisie, pays qu’il visite régulièrement depuis le début de sa carrière en 1996.
Le concert a débuté sur des rythmes entraînants avec des titres tels que « Bahib enas errayaa », « Baddi jen », « Khalini maak » et « Bghalina w bdeellaa ». Bien que ces chansons datent de plus de vingt ans, Ramy Ayach et ses succès n’ont pas perdu de leur éclat. Le public était en effervescence, se levant pour danser, applaudir et chanter en chœur ces airs familiers qui rappelaient des souvenirs d’adolescence, surtout pour ceux nés dans les années 80 et 90. La nostalgie était palpable, amplifiée par le fait que, avant l’ère de YouTube, ces titres étaient largement diffusés sur des chaînes comme Rotana, Mazzika et Melody. L’engouement du public a toutefois diminué lors de l’interprétation de titres plus récents, bien que leur qualité artistique reste indéniable.
Ramy Ayach a également mis en avant une forte présence de percussions sur scène, avec six musiciens, contribuant à créer une ambiance dynamique et festive. La ballade « Jobrane », plus douce et romantique, a également été chaleureusement accueillie par les spectateurs.
L’artiste a montré sa puissance vocale en finissant chaque morceau par des vocalises opératiques, illustrant l’étendue de sa voix. Il a noté que ce concert surpassait sa performance au Festival international de Hammamet deux ans plus tôt, où un problème de santé l’avait freiné.
En plus de ses propres titres, Ramy Ayach a revisité des classiques tels que « Alf lila w lila » d’Oum Kalthoum, « Sawah » d’Abdelhalim Hafedh et « Aala remch ayounha » d’Ouadia Al-Safi, ainsi qu’un court medley de Melhem Barakat, tous présentant un grand niveau d’exigence vocale.
D’une grande intelligence de communication, Ramy Ayach a interagi fréquemment avec le public, remixant certaines paroles pour y inclure des références à la Tunisie, ce qui a toujours été accueilli par des acclamations. Le concert s’est terminé avec « Mabrouk », dédié aux lauréats du baccalauréat dont les résultats avaient été publiés la veille, l’artiste terminant avec le drapeau tunisien sur les épaules, un geste qui a renforcé le lien avec son public.
Le spectacle a suscité des critiques dès son annonce, certains appelant à privilégier des artistes tunisiens pour une date aussi symbolique. Pourtant, le Théâtre de l’Opéra de Tunis propose régulièrement des spectacles d’artistes tunisiens, tout en s’ouvrant aux scènes arabes et internationales. Ramy Ayach a fait le choix de s’entourer de musiciens et de choristes tunisiens, soulignant que ce type de collaboration favorise un enrichissement mutuel. Il a d’ailleurs salué à plusieurs reprises le travail du maestro Youssef Belhani et de son orchestre. Les talents du flutiste Hassine Miloud et de la luthiste Nada Mahmoud ont également été mis en avant par des solos.
Il est important de noter que le ministère des Affaires culturelles a organisé de nombreux événements gratuits pour célébrer la Fête de la musique, ravissant ainsi les passionnés. La Cité de la culture a également accueilli juste avant le concert de Ramy Ayach un spectacle gratuit avec le maestro Shady Garfi et la cheffe de chœur Andrea Grigoras.
Lors de la conférence de presse, Ramy Ayach a été interrogé sur la longévité de ses succès musicaux. Il a souligné que la bonne musique transcende le temps et l’espace. En réponse à une question sur le conflit au Liban, il a affirmé vivre cette réalité d’abord en tant que citoyen libanais, puis en tant qu’artiste, face à la crise que traverse l’industrie musicale depuis la pandémie.
Enfin, Ramy Ayach a réaffirmé son attachement à la Tunisie et son appréciation pour les musiciens et le maestro Youssef Belhani. Bien qu’il ait souhaité interpréter « Ye Khlila » lors de ce spectacle, il a déclaré avoir eu des difficultés à maîtriser les paroles dans un délai court. L’artiste a exprimé son intérêt à recevoir des propositions pour chanter en dialecte tunisien.
