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Paris sportifs et casinos en ligne en Afrique : marché de 23 milliards de dollars

Le secteur des jeux de hasard en ligne en Afrique affiche une dynamique de croissance impressionnante, bien que la majorité de cette activité demeure en dehors des circuits officiels. En 2025, les revenus bruts des paris sportifs et des casinos en ligne ont atteint 23 milliards de dollars, dont une part significative de 77% provient d’opérations non régulées. Face à ce constat, les États africains se trouvent confrontés à la nécessité de rendre l’offre légale plus attrayante afin d’attirer cette activité lucrative, d’augmenter leurs recettes fiscales et de favoriser le développement d’un écosystème local.

Selon le rapport de «Gaming Compliance International» (GCI), le chiffre d’affaires brut des jeux a connu une augmentation de 15 %, passant de 20 milliards de dollars en 2024 à 23 milliards en 2025. Parallèlement, le nombre d’individus ayant interagi avec ce marché a grimpé de 198 millions à 215 millions, représentant ainsi 14 % de la population totale du continent. Toutefois, cette croissance profite principalement aux circuits non réglementés. Le chiffre d’affaires du secteur légal a progressé de 4,4 milliards à 5,2 milliards de dollars, tandis que le marché non régulé a vu ses revenus passer de 15,6 milliards à 17,8 milliards. Cela signifie que seulement 23 % des activités sont désormais réglementées, laissant près de quatre dollars sur cinq en dehors du cadre officiel.

Cette prédominance de l’informel se reflète également dans le nombre d’opérateurs actifs. GCI a identifié 4.129 opérateurs en 2025, en hausse par rapport aux 3.644 de l’année précédente. L’exposition du public aux services non régulés est estimée à 89 %, tandis que les acteurs légaux ne représentent que 11 %. Ce constat est un indicateur clé pour comprendre l’évolution future du marché.

En ce qui concerne la répartition géographique, l’Afrique de l’Ouest se positionne comme le principal marché avec un chiffre d’affaires brut de 10,3 milliards de dollars, dont seulement 2,9 milliards sont captés par le secteur réglementé. L’Afrique du Nord suit avec 4,8 milliards de dollars, dont 1,5 milliard provient du segment légal, affichant ainsi un taux de formalisation de 31 %, le plus élevé parmi les cinq régions analysées. L’Afrique australe génère 4 milliards de dollars, mais seulement 603 millions sont réglementés. En Afrique de l’Est, le marché atteint 2,8 milliards de dollars, avec un segment légal de seulement 9 millions. L’Afrique centrale, quant à elle, génère environ 1,1 milliard de dollars, dont 246 millions sont réglementés.

Ces disparités illustrent des situations nationales variées, sans toutefois permettre une identification précise du poids de chaque pays d’Afrique du Nord, rendant les extrapolations concernant des pays comme la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou la Libye délicates. Pour GCI, la solution ne réside pas seulement dans un renforcement des contrôles ou une multiplication des licences, mais dans la nécessité de convaincre les utilisateurs de se tourner vers les plateformes autorisées. Plusieurs facteurs, tels que la fiscalité, les coûts pour les opérateurs et les joueurs, ainsi que la diversité de l’offre, jouent un rôle crucial.

Une fiscalité trop élevée peut désavantager les plateformes légales face aux acteurs non autorisés. De même, des restrictions excessives sur les mises ou les gains peuvent pousser les utilisateurs vers des alternatives non régulées. Les frais de transaction sont également déterminants, car des coûts élevés sur les circuits réglementés peuvent dissuader les joueurs.

La formalisation du marché représente ainsi un enjeu économique et juridique. Une réglementation efficace doit protéger les consommateurs tout en offrant une concurrence viable aux opérateurs non autorisés. Actuellement, le niveau de structuration du marché est faible, avec un score moyen de 10 sur 100 attribué par GCI pour l’ensemble du continent en 2025, en légère hausse par rapport à 9 en 2024. L’Afrique australe se distingue avec le meilleur score régional de 16, suivie de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. L’Afrique du Nord, en revanche, affiche un score moyen de zéro.

Certains pays se démarquent, comme le Ghana avec un score de 38 sur 100, grâce à un cadre jugé stable et transparent. Le Nigeria obtient 32, la Tanzanie 27 et le Kenya 26. Ces résultats montrent que la simple existence d’un cadre légal ne suffit pas ; son efficacité dépend également de son application et de la capacité des autorités à restreindre l’accès aux opérateurs non autorisés.

Les 17,8 milliards de dollars générés par le secteur non régulé ne se traduisent pas nécessairement par un manque à gagner fiscal équivalent pour les États. Bien que le rapport ne fournisse pas d’estimation précise des pertes fiscales, il souligne que l’enjeu dépasse la question de la fiscalité. La formalisation peut stimuler la création d’entreprises locales, favoriser l’emploi, attirer des investissements et développer des services liés aux paiements et aux technologies numériques. Elle peut également renforcer la protection des consommateurs et améliorer la traçabilité des flux financiers.

Ainsi, le principal défi pour les gouvernements africains consiste à convertir une demande numérique déjà considérable en une activité économique formelle. Avec seulement 23 % du chiffre d’affaires brut capté par les circuits réglementés en 2025, le potentiel de croissance reste immense. La question cruciale sera de déterminer comment réduire l’écart de compétitivité entre l’offre légale et les plateformes non régulées, afin que la dynamique du marché bénéficie davantage aux économies nationales.