
Nabiha Karaouli : Une voix intemporelle à la Fête de la femme à Carthage
Nabiha Karaouli, figure emblématique de la scène musicale tunisienne, a récemment ravi son public lors d’un concert mémorable au Festival international de Carthage, coïncidant avec la Journée nationale de la femme tunisienne. Ce spectacle, diffusé en direct sur la chaîne nationale Watania, a vu la présence de personnalités politiques telles que la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi et la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées Asma Jabri.
Avec plus de trente ans de carrière, Nabiha Karaouli est reconnue pour son engagement artistique et sa capacité à captiver son auditoire. Avant ce concert, elle avait déjà enchanté les spectateurs lors de l’ouverture du festival international de Sfax le 21 juillet, puis à Sousse le 29 juillet. Son dernier passage à Carthage remontait à 2010, et son retour était très attendu après une absence de seize ans, d’autant plus qu’elle avait dû annuler sa programmation de 2021 en raison de la pandémie de Covid-19.
Le concert a été marqué par une sélection de dix-huit titres, mettant en avant des œuvres personnelles plutôt que des reprises. Nabiha Karaouli a su allier ses classiques intemporels à des créations récentes, témoignant d’une force féminine omniprésente dans ses paroles et sa voix puissante. Les spectateurs, rassemblés bien avant le début de la performance, ont rempli le théâtre, certains se tenant debout pour profiter de l’événement.
L’artiste a ouvert la soirée avec «Metchawiga», une chanson de 1999, immédiatement suivie par une vague d’applaudissements et de youyous de la part d’un public enthousiaste. Parmi ses succès interprétés, on retrouve des titres emblématiques tels que «Ken galbi ytawaani», «Mahleha», et «Choftek marra». Même les jeunes générations ont chanté en chœur, prouvant l’intemporalité de ses compositions. Un moment fort a été l’interprétation de «Bledi», où des membres de la chorale de Sidi Sami l’ont rejointe sur scène, illustrant la transmission de la culture musicale entre les générations.
La setlist a également inclus des morceaux récents, tels que «Hay tallet», sorti en 2023, et des titres tout juste lancés, comme «Hedha eli bik» et «Mezelt ye Layam». Un moment particulièrement émouvant a été l’interprétation de «Yamma», dédiée à sa mère décédée, qu’elle a chantée pour la première fois en public.
Bien que sa voix demeure expressive, Nabiha Karaouli a reconnu lors d’une conférence de presse que sa performance avait été légèrement affectée par un problème de santé temporaire. Elle est attendue pour clôturer le Festival international de Mahdia le 15 août, poursuivant ainsi une tournée estivale chargée.
Ce concert a une fois de plus souligné l’importance de Nabiha Karaouli dans le paysage culturel tunisien, où elle défend avec fierté son identité musicale et son dialecte. Interrogée sur sa relation avec le public jeune, elle a exprimé sa satisfaction de les voir nombreux à ses concerts, tout en soulignant la nécessité d’adapter ses créations aux goûts variés d’une génération exposée à de nombreuses influences musicales. «Je préfère les défis», a-t-elle déclaré, affirmant son désir de ne pas se limiter à ses succès passés mais de continuer à innover.
Alors que la 60e édition du Festival international de Carthage approche de sa fin, les prochaines soirées promettent d’être tout aussi captivantes, avec des performances de la diva Amina Fakhet et des stars libanaises Elissa et Majida El Roumi, attendues à guichets fermés.
