
Ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle : Un système national d’évaluation des programmes en vue
Afin de renforcer la gouvernance des politiques de l’emploi, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle s’engage dans la création d’un système national de suivi et d’évaluation des programmes d’emploi en cours. Ce dispositif vise à optimiser ces politiques en s’appuyant sur des données fiables, provenant de l’évaluation des résultats des différents programmes nationaux.
La Presse — Un atelier, co-organisé par l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications (Oneq) et la Direction générale de la promotion de l’emploi, avec le soutien de la Banque mondiale, s’est tenu le mardi 28 juillet. Cet événement a rassemblé toutes les parties prenantes pour préparer la mise en place de ce nouvel outil. S’étalant sur trois jours, cette rencontre a pour but de dessiner une vision commune du futur système national, de définir les priorités et les principaux indicateurs, ainsi que d’élaborer une feuille de route pour sa mise en œuvre.
En ouvrant les travaux de l’atelier, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a déclaré que cette initiative s’inscrit dans les orientations de l’État visant à moderniser l’administration publique, à renforcer la gouvernance et à promouvoir une prise de décision basée sur les données.
Il a ajouté qu’avec la rapidité des évolutions technologiques, économiques et démographiques que connaît le monde aujourd’hui, le succès des politiques publiques ne se mesure plus au nombre de programmes mis en place, mais à leur capacité à produire des résultats quantifiables et des retombées durables et positives pour les citoyens et l’économie nationale. Ce nouveau contexte, a-t-il poursuivi, oblige les pays à revoir leurs outils de conception, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques publiques.
Un outil nécessaire
Dans ce même cadre, le ministre a souligné que les systèmes de suivi et d’évaluation des politiques de l’emploi sont devenus essentiels. Ils sont indispensables, compte tenu de l’importance des financements mobilisés, de la diversité des intervenants, de la variété des catégories bénéficiaires, ainsi que des tensions actuelles sur le marché de l’emploi, tant au niveau national qu’international.
« Pour toutes ces raisons, le système de suivi et d’évaluation des politiques de l’emploi est devenu un pilier fondamental des politiques publiques en la matière, comme le montrent les expériences internationales éprouvées », a-t-il affirmé.
En insistant sur le caractère prioritaire des politiques de l’emploi, le ministre a précisé qu’elles constituent l’un des piliers de « la République, de la Constitution et de l’édification ». Elles s’inscrivent, selon lui, dans l’esprit de la Constitution, dont l’article 46 stipule que : « Tout citoyen et toute citoyenne a droit au travail. L’État prend les mesures nécessaires afin de le garantir sur la base de la compétence et de l’équité ».
« Le droit au travail et la dignité humaine sont des constantes constitutionnelles. Ils figurent parmi les grandes orientations mises en avant par le président de la République, Kaïs Saïed, qui considère que le droit au travail, à la couverture sociale et à une juste rémunération sont des droits naturels et non des avantages, et que l’État social constitue un choix fondamental pour garantir la stabilité et la justice sociale », a-t-il noté.
En évoquant les avantages d’un tel système national d’évaluation, le ministre a indiqué qu’il représente désormais un véritable outil d’aide à la décision, d’amélioration de la performance et de rationalisation des dépenses publiques. Il permet de répondre aux attentes des demandeurs d’emploi, quelles que soient leurs catégories (jeunes, femmes, diplômés de l’enseignement supérieur, personnes déscolarisées ou chômeurs pour des raisons économiques ou technologiques), tout en satisfaisant les besoins économiques et sociaux des entreprises, en leur fournissant les compétences nécessaires pour renforcer leur compétitivité.
Pour le ministre, la mise en place d’un système national de suivi et d’évaluation des programmes d’emploi ne constitue pas un simple choix administratif. Conformément au décret n° 2019-542 portant création d’un comité national chargé du suivi et de l’évaluation des interventions du Fonds national de l’emploi, cette mesure contribuera, a-t-il insisté, à renforcer et à améliorer la gouvernance des politiques nationales de l’emploi.
