
La Tunisie dénonce le recul du droit international et appelle à un nouvel ordre mondial.
La Tunisie a exprimé, ce mercredi, ses préoccupations face aux « graves déséquilibres » qui caractérisent la scène internationale actuelle, où les conflits armés et les agressions se multiplient en violation des principes de la Charte des Nations unies. Cette déclaration a été faite par la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’ONU à Genève lors d’un dialogue interactif avec George Katrougalos, expert indépendant de l’ONU sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, dans le cadre de la 63e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme.
Dans son intervention, la Tunisie a plaidé pour un nouvel ordre international multipolaire, ancré dans le respect du droit international, la souveraineté des États et l’égalité entre eux. Elle a insisté sur l’importance de la non-ingérence dans les affaires intérieures des nations et du règlement pacifique des différends. De plus, le pays a appelé à mettre fin à l’utilisation de la domination économique comme moyen de pression sur les pays en développement, tout en demandant que toutes les violations du droit international soient poursuivies et sanctionnées.
La mission tunisienne a souligné que la paix ne peut être fondée sur des principes de « deux poids, deux mesures » ou sur des rapports de force inégaux. Elle a affirmé que la paix doit reposer sur l’indépendance des décisions nationales, la justice et l’équité, ainsi que sur le droit des peuples à l’autodétermination. Dans ce contexte, la Tunisie a renouvelé son soutien aux « droits légitimes et inaliénables » du peuple palestinien, en affirmant son droit à établir un État indépendant sur l’ensemble de la Palestine, avec Al-Qods comme capitale.
En outre, la Tunisie a appelé à une représentation accrue des pays du Sud, en particulier africains, au sein des instances décisionnelles internationales. Elle a réitéré la nécessité de réformer le Conseil de sécurité de l’ONU, jugé incapable de remplir pleinement son rôle. Enfin, la Tunisie a plaidé pour une réforme du système financier mondial, afin de le rendre plus équitable et inclusif, permettant ainsi de financer le développement et de lutter efficacement contre la pauvreté. Cela inclut des mesures telles que l’annulation, l’allègement ou la restructuration de la dette des pays pauvres, ainsi que l’accélération des procédures de restitution des fonds détournés.
