Tunisie

La Tunisie a un potentiel d’exportation de 2,28 milliards de dollars.

La Tunisie dispose d’un potentiel d’exportation non exploité estimé à 2,28 milliards de dollars vers au moins 36 pays africains, selon Leïla Baghdadi, économiste principale à la Banque mondiale. Le recours au modèle Trade-DSM a permis d’identifier 2999 opportunités d’exportation vers 36 marchés africains d’une valeur totale de 2,28 milliards de dollars, a déclaré Sonia Ben Khedher.


La Tunisie possède un potentiel d’exportation non exploité évalué à 2,28 milliards de dollars (environ 7,1 milliards de dinars tunisiens) vers au moins 36 pays africains, a déclaré Leïla Baghdadi, économiste principale au Bureau de l’économiste en chef pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan à la Banque mondiale. Cette annonce a été faite lors d’une table ronde sur la « Diversification des exportations tunisiennes vers le continent africain : opportunités, freins et leviers d’action », qui s’est tenue mercredi à Tunis, organisée par le projet « Qawafel » en collaboration avec le projet « Savoir Éco ».

Selon le rapport « Increasing intra-African trade : Can the African Continental Free Trade Area be the game changer ? », co-écrit par l’économiste et présenté durant cet événement, « Plus de 95% des opportunités se trouvent sur des marchés où la Tunisie a une faible part ou aucune. Les secteurs des machines électriques et de l’habillement représentent la majorité du potentiel d’exportation. »

Baghdadi a également évoqué des contraintes structurelles entravant la diversification des exportations tunisiennes vers l’Afrique, telles que les coûts logistiques élevés, les barrières tarifaires et non tarifaires, la faible industrialisation en Afrique, le manque de complémentarité intra-africaine, la fragmentation régionale, l’absence d’intégration régionale ainsi que le faible commerce intra-africain.

Pour faire face à ces défis, l’économiste recommande d’améliorer les infrastructures logistiques et de renforcer l’accès à l’information afin d’optimiser la planification des exportations.

Elle propose également d’identifier des marchés exportateurs potentiels en utilisant des outils analytiques comme le « Trade-DSM », un outil scientifique de sélection de marchés conçu pour révéler des opportunités d’exportation pour les PME et les pays. Développé en Afrique du Sud, cet outil analyse de vastes ensembles de données pour déceler des combinaisons produit-pays à fort potentiel inexploité.

Sonia Ben Khedher, experte et auteure de Policy Briefs sur le potentiel d’exportation tunisien vers l’Afrique réalisés dans le cadre du projet « Qawafel », a mis en avant le modèle d’aide à la décision Trade-DSM. « Grâce à ce modèle, nous avons identifié 2999 opportunités d’exportation vers 36 marchés africains d’une valeur totale de 2,28 milliards de dollars, impliquant 590 produits », a-t-elle déclaré.

Plus de la moitié (53%) de ces opportunités se situent en Afrique du Nord (Algérie, Libye, Maroc), tandis que l’Afrique de l’Ouest recense 1072 débouchés répartis dans plusieurs pays (Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal). Des opportunités ont également été identifiées en Afrique de l’Est et Australe (Kenya, Maurice, Afrique du Sud) ainsi qu’en Afrique Centrale, notamment en Angola. Les secteurs les plus prometteurs incluent les machines électriques, le textile, l’agroalimentaire, ainsi que les pièces et accessoires automobiles.

Pour capitaliser sur ces opportunités, l’économiste a recommandé d’accompagner les entreprises, d’adopter une promotion commerciale ciblée, de miser sur la diplomatie économique, de créer de la valeur et de renforcer le niveau de complexité économique.

Dans une perspective de diversification des exportations nationales vers les pays africains, les responsables institutionnels et structures d’appui présents à Tunis ont unanimement souligné la nécessité d’adopter une approche pragmatique, en s’appuyant sur l’historique des relations entre la Tunisie et ces pays, tout en tenant compte des spécificités de chaque marché africain.

Ils ont souligné l’impératif d’agir simultanément pour améliorer la performance des entreprises, l’efficacité des structures d’appui et l’adaptation de la réglementation. La Tunisie devrait encourager les startups à explorer les marchés africains tout en favorisant l’exportation des services, parallèlement aux efforts visant à renforcer les exportations de biens.

Le projet « Qawafel » est une initiative visant à appuyer l’internationalisation des startups et PME tunisiennes sur le continent africain, financée par l’Agence Française de Développement.

Le projet « Savoir Éco », quant à lui, est financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France pour soutenir le débat public sur les enjeux économiques en Tunisie, à travers le renforcement des structures productrices de connaissances à vocation économique.