La Dr Sonia Maalej alerte sur les dangers de la vape.
La cheffe du service de pneumologie de l’hôpital Abderrahmane Mami a averti que « la cigarette électronique est aussi cancérigène que la cigarette classique » et a qualifié de « très alarmants » les chiffres du tabagisme chez les jeunes, où « 14,1 % des adolescents de 13 à 15 ans fument la cigarette classique » et « 22,8 % lorsque l’on inclut la cigarette électronique ». La Dr Maalej a également précisé que « ces services sont accessibles gratuitement dans les structures publiques » pour le sevrage tabagique.

Ce vendredi 29 mai 2026, la cheffe du service de pneumologie de l’hôpital Abderrahmane Mami a exprimé ses inquiétudes sur les effets néfastes de la cigarette électronique et du tabac chauffé, des pratiques de plus en plus courantes chez les adolescents. Pour lutter contre ce phénomène, elle appelle les citoyens à recourir au sevrage gratuit proposé par les hôpitaux publics.
La cigarette électronique est aussi cancérigène que la cigarette classique
La cheffe du service de pneumologie et d’allergologie à l’hôpital Abderrahmane Mami d’Ariana a souhaité souligner que, contrairement à une idée reçue, la cigarette électronique, souvent désignée par le terme « vape », est tout aussi périlleuse que la cigarette traditionnelle.
Lors de son intervention dans l’émission « La Clinique Médicale », elle a précisé que la vape, qui contient de la nicotine et des ingrédients similaires à ceux du tabac classique, est responsable de graves maladies telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle est également impliquée dans l’obstruction des artères ainsi que dans de nombreuses tumeurs et cancers.
La Dr Maalej a aussi mis en garde contre le tabagisme passif associé à la vape. Elle a expliqué que, bien que la fumée de la vape se dissipe rapidement et puisse sembler inodore, les substances libérées sont extrêmement toxiques en raison de leur forte concentration en produits chimiques. Elle a souligné que cette toxicité est maximale après combustion. Face à ces dangers avérés pour la santé, la spécialiste a rappelé que plusieurs pays ont déjà interdit l’utilisation de la cigarette électronique comme méthode de sevrage tabagique.
Dans ce contexte, en se référant aux résultats d’une étude de 2024, elle a qualifié de « très alarmants » les chiffres concernant le tabagisme chez les jeunes. « Si 14,1 % des adolescents de 13 à 15 ans consomment des cigarettes classiques, ce pourcentage grimpe à 22,8 % en incluant la cigarette électronique », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite ajouté que « la nocivité du tabac chauffé équivaut à celle de 20 à 70 cigarettes classiques ».
Gratuité du sevrage
Devant ce constat préoccupant, la Dr Maalej invite les fumeurs à se rendre aux consultations spécialisées en sevrage tabagique. « Ces services sont présents dans de nombreux hôpitaux à travers le pays », a-t-elle précisé. Elle a ajouté que ces services sont offerts gratuitement dans les établissements publics. « Tous peuvent accéder à ces services de sevrage à condition de détenir un carnet de soins. Une fois admis, les substituts nicotiniques y sont offerts sans frais », a-t-elle souligné.
À l’hôpital Abderrahmane Mami, elle a mentionné que six consultations sont ouvertes pour soutenir les efforts des autorités sanitaires. « L’objectif est de promouvoir la culture de l’arrêt du tabac et de sensibiliser aux dangers de toutes les formes de cigarettes pour la santé et la société », a-t-elle indiqué. Elle a conclu en soulignant que « ces consultations sont basées sur la compréhension de la dépendance, qu’elle soit liée à la nicotine ou à des facteurs psychologiques ou sociaux. C’est un pas à franchir tant le tabagisme, sous toutes ses formes, est directement lié au cancer et à la BPCO ».

