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L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé le 28 août la note de la dette souveraine de la France à A+, avec une perspective stable. Cette décision indique que Fitch ne prévoit pas de changement dans la notation à court ou moyen terme, malgré une révision à la hausse des prévisions concernant le déficit public.

Fitch met en avant la robustesse de l’économie française, qu’elle décrit comme vaste et prospère, avec un secteur bancaire solide et une base d’investisseurs diversifiée. Cependant, l’agence anticipe une croissance modeste à court terme et souligne plusieurs vulnérabilités, notamment un endettement public élevé et croissant, un potentiel de croissance limité, ainsi qu’un climat politique et social qui complique les efforts d’assainissement budgétaire.

Les prévisions de déficit ont été ajustées à la hausse. Alors que Fitch avait estimé un déficit de 4,9 % du PIB pour 2026 lors de sa précédente évaluation en mars, elle prévoit désormais 5,2 % pour 2026, 5,5 % pour 2027 et 5,2 % pour 2028. Cette révision est attribuée à une croissance moins dynamique, à l’augmentation des charges d’intérêts sur la dette et à des engagements supplémentaires en matière de défense.

Cette annonce survient dans un contexte politique délicat, à quelques semaines de la présentation du prochain budget et à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Fitch considère que l’absence de majorité parlementaire constitue une faiblesse significative pour la notation française, car la fragmentation politique limite la capacité des autorités à mettre en œuvre un ajustement budgétaire durable et rend les orientations économiques moins prévisibles.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réagi en affirmant qu’il prenait acte de cette décision. Il a assuré que le gouvernement restait engagé à maîtriser le déficit et la dette, tout en préservant la stabilité financière, la compétitivité et la croissance.

Le maintien de la note A+ reflète ainsi la confiance de Fitch dans les fondamentaux de l’économie française, tout en soulignant que la trajectoire des finances publiques reste sous étroite surveillance. La capacité des autorités à contrôler le déficit et à stabiliser la dette sera cruciale pour les prochaines évaluations.

Sur un autre front, les systèmes fiscaux en Afrique reposent encore largement sur les taxes de consommation, tandis que les contributions des patrimoines et des grandes fortunes restent relativement faibles. Ce déséquilibre, mis en lumière par le rapport « Revenue Statistics in Africa 2025 » de l’OCDE, de la Commission de l’Union africaine et du Forum africain sur l’administration fiscale, soulève des questions sur l’équité des prélèvements et leur impact sur les ménages modestes.

En 2023, les taxes sur les biens et services représentaient 51,2 % des recettes fiscales des 38 pays africains étudiés, avec la TVA à elle seule représentant 26,6 % de ces recettes. En comparaison, les impôts sur les revenus et les bénéfices ne constituaient que 40 %, dont 16,5 % provenant de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et 21,4 % de celui sur les sociétés.

Cette prédominance des taxes indirectes s’explique en partie par les capacités administratives limitées de nombreux États. Il est plus aisé de percevoir la TVA auprès des importateurs et des entreprises formelles que de suivre les revenus et les patrimoines dans des économies où l’informalité est prévalente. En 2023, le ratio moyen des recettes fiscales en Afrique ne représentait que 16,1 % du PIB, contre 33,9 % dans les pays de l’OCDE.

Cependant, la fiscalité sur la consommation pèse plus lourdement sur les ménages à faibles revenus, qui consacrent une part importante de leur budget aux dépenses courantes. Même dans le secteur informel, une partie des taxes acquittées en amont se répercute sur les prix.

En revanche, la taxation du patrimoine reste limitée. D’après Oxfam, les impôts sur le patrimoine ne représentaient en moyenne que 0,3 % du PIB africain en 2022, et près des deux tiers des pays du continent ne disposent pas d’impôt sur les successions ou les donations.

Pour rééquilibrer les systèmes fiscaux, plusieurs pistes sont envisagées : amélioration des cadastres, numérisation des registres, identification des bénéficiaires effectifs, échange international d’informations financières et renforcement de la fiscalité immobilière. L’objectif n’est pas d’éliminer la TVA, qui demeure une source stable de recettes, mais de mieux cibler les exonérations et d’accroître la contribution des patrimoines les plus importants.

Le défi est donc à la fois administratif et fiscal : mieux connaître les richesses pour mieux les imposer, sans compromettre les recettes indispensables au financement des services publics.

En Libye, l’été 2026 s’annonce particulièrement difficile pour la population. En pleine vague de chaleur, avec des températures frôlant les 50 °C, le pays subit de longues coupures d’électricité qui paralysent les activités commerciales et entraînent des pertes considérables. Parallèlement, les stations-service font face à des pénuries d’essence, provoquant des files d’attente de plusieurs kilomètres et des attentes dépassant six heures.

Cette situation est d’autant plus paradoxale que la Libye possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole d’Afrique, évaluées à environ 48 milliards de barils. Le pays produit près de 1,5 million de barils par jour et vise les 2 millions. Pourtant, il dépend fortement des importations de carburants, ses raffineries ne satisfaisant qu’environ 30 % des besoins nationaux, le reste devant être importé. En 2025, les importations de produits pétroliers raffinés ont atteint 7,8 milliards de dollars, selon la compagnie pétrolière nationale NOC.

Les experts attribuent cette contradiction moins à un manque de ressources qu’à des dysfonctionnements structurels dans un pays divisé depuis 2011. La Libye est caractérisée par deux gouvernements parallèles, à Tripoli et Benghazi, ce qui complique la coordination et la gestion des infrastructures. Le sous-investissement, le manque d’entretien des centrales électriques et la contrebande de carburants aggravent la crise.

Hanna Tetteh, cheffe de la mission de l’ONU en Libye, a dénoncé les effets de la « fragmentation institutionnelle », du sous-investissement et du manque de coordination dans la prise de décision. La corruption et la mauvaise gouvernance sont également considérées comme des facteurs déterminants.

La situation a été encore exacerbée début août par des attaques de drones contre le complexe de Zawiya, dans l’ouest du pays, où un dépôt contenant 4,5 millions de litres de pétrole a été incendié. Cet incident, sur fond de rivalités entre groupes armés et de trafics, illustre la fragilité persistante des infrastructures énergétiques libyennes.

Ainsi, malgré sa richesse pétrolière, la Libye peine à garantir deux services essentiels à sa population : l’électricité et l’approvisionnement en carburant.

En ce qui concerne les minerais critiques, l’Afrique se positionne au cœur d’une nouvelle bataille industrielle. La transition énergétique mondiale propulse les ressources minières africaines en tant qu’actifs stratégiques. Le continent fournit déjà 76 % du cobalt mondial et 41 % de la bauxite, et pourrait atteindre environ 60 % du lithium et 40 % du graphite d’ici 2030, selon S&P Global Market Intelligence. Cette montée en puissance attire l’attention de la Chine, des États-Unis, de l’Union européenne, du Japon, de l’Inde et des pays du Golfe.

Le lithium illustre cette dynamique : la production en Afrique a connu une croissance annuelle composée proche de 160 % entre 2020 et 2025, en grande partie grâce aux investissements au Zimbabwe. Toutefois, cette progression masque une faiblesse majeure : l’Afrique est largement confinée à l’extraction. La totalité du lithium produit au Zimbabwe et 95 % du cobalt extrait en République Démocratique du Congo sont exportés vers la Chine, où se concentrent d’importantes capacités de transformation et de raffinage.

La Chine conserve ainsi une avance industrielle, après plusieurs décennies d’investissements dans les actifs miniers africains. Les États-Unis tentent de réduire cet écart en soutenant des projets de terres rares en Afrique du Sud, de graphite au Mozambique et de cuivre, cobalt et lithium en RDC. La compétition s’élargit à de nombreux autres acteurs désireux de sécuriser leurs approvisionnements.

Face à cette concurrence, les États africains cherchent à renforcer leur pouvoir de négociation. Des mesures telles que des contrôles des exportations, des obligations de transformation locale, de nouvelles redevances et une participation publique témoignent d’un retour au « nationalisme des ressources ». La décision de la RDC d’imposer des quotas sur les exportations de cobalt, ayant contribué à une hausse de 150 % des prix, illustre ce nouveau rapport de force.

Cependant, le véritable enjeu dépasse l’accès aux gisements. Les infrastructures deviennent également stratégiques. Les corridors de Lobito et les liaisons ferroviaires régionales doivent faciliter l’accès aux bassins miniers et aux ports, tout en évitant de réduire les économies africaines à de simples