Journée mondiale de la réfrigération 2026 : Zoom sur le « froid intelligent »
1. La Journée mondiale de la réfrigération, célébrée le 26 juin, a permis de mettre en lumière le rôle stratégique de la chaîne du froid dans la sécurité alimentaire, la santé, le développement économique et la lutte contre le changement climatique.
2. La Tunisie a gelé depuis 2024 sa consommation en substances hydro-chlorofluorocarbures (Hcfc) dans la perspective de leur élimination totale d’ici 2030.
A l’occasion de la Journée mondiale de la réfrigération, célébrée le 26 juin sur le thème « Le froid intelligent », l’Agence nationale de protection de l’environnement (Anpe), en collaboration avec l’Onudi, a souligné l’importance stratégique de la chaîne du froid dans des domaines cruciaux tels que la sécurité alimentaire, la santé, le développement économique et la lutte contre le changement climatique. Cet événement a également permis de mettre en avant les avancées de la Tunisie dans la réduction des gaz réfrigérants nocifs ainsi que des projets innovants mis en place en Afrique pour favoriser un froid durable et accessible.
La Presse — Dans le cadre de cette Journée mondiale de la réfrigération, l’Anpe a organisé un séminaire sur « Le froid intelligent », en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et en présence de nombreux acteurs des secteurs public et privé.
L’investissement dans le froid a été présenté comme un « facteur stratégique », en raison de son impact sur des enjeux majeurs, tels que la sécurité alimentaire, la santé, le développement économique et l’action climatique.
D’après Lassâad Ben Hassine, représentant de l’Onudi en Tunisie, 526 millions de tonnes de nourriture sont perdues chaque année en raison de l’absence de continuité dans la chaîne du froid, un chiffre équivalent à 12 % de la nourriture produite mondialement, suffisant pour nourrir 1 milliard de personnes.
L’importance du froid est également cruciale dans le secteur de la santé, notamment pour la conservation et le transport des vaccins et autres médicaments, ainsi que pour la compétitivité des entreprises, en particulier dans le secteur agroalimentaire. De plus, elle joue un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique en adoptant des solutions propres et intelligentes, respectant les normes climatiques et environnementales.
Face à ces enjeux, M. Ben Hassine a souligné l’importance de l’intelligence humaine pour faire des choix de refroidissement adéquats, qui vont au-delà de l’installation d’équipements et nécessitent des réflexions judicieuses à tous les niveaux, y compris sur les volets juridique, institutionnel, et la formation des ressources humaines, ainsi que le recyclage des liquides utilisés.
Il s’agit d’une filière à développer, et la Tunisie a démontré ses capacités au niveau régional et mondial pour se conformer aux exigences du protocole de Montréal adopté en 1987, il y a près de 4 décennies.
L’action de la Tunisie Parmi les mesures concrètes, la Tunisie a arrêté depuis 2024 sa consommation de substances hydro-chlorofluorocarbures (Hcfc, gaz à effet de serre) en vue de leur élimination totale d’ici 2030.
Selon Youssef Hammami, coordinateur de l’Unité nationale d’Ozone à l’Anpe, la Tunisie prévoit de réduire son utilisation des Hcfc de 80 % d’ici 2045. De plus, le pays a engagé un travail de reconversion des unités industrielles fabricant des climatiseurs ainsi qu’un programme de formation des compétences en réfrigération/climatisation. Au moins 100 techniciens ont été formés et 10 centres de formation sont en cours d’installation, a-t-on indiqué lors de cette journée.
M. Hammami a mentionné l’usage intelligent des équipements de refroidissement, que ce soit dans la fabrication, l’installation ou la maintenance.
Projets pilotes en Afrique La célébration de la Journée mondiale de la réfrigération a également permis de présenter deux projets pilotes réalisés dans quatre pays africains chauds et financés, notamment par l’Union européenne. Les projets « Agricool » et « Sophia » illustrent comment la technologie a été employée pour améliorer la production, réduire les risques et obtenir des résultats à moindre coût.
Le projet « Agricool » vise à utiliser l’énergie solaire dans des zones chaudes isolées pour créer un environnement propice à la conservation des produits agricoles frais, qui ont tendance à pourrir rapidement dans des conditions classiques à cause de la chaleur. Des panneaux photovoltaïques produisent suffisamment d’électricité pour alimenter les installations de refroidissement. Par ailleurs, les produits cultivés sous ces panneaux permettent des économies d’eau, entraînant ainsi une réduction des coûts.
Pour le projet « Sophia », ce sont des produits pharmaceutiques, des hôpitaux et d’autres installations sanitaires qui bénéficient de meilleures conditions, plus confortables grâce à l’énergie solaire, pour stocker les vaccins et les médicaments, obtenir de l’eau fraîche/chaude dans les régions isolées, et offrir des soins sanitaires et médicaux optimisés.
Il s’agit de « révolutionner » la chaîne du froid, a conclu Halima Thraya, présidente du groupe de travail de l’Institut international du froid (IIF) sur la chaîne du froid dans les pays chauds.
Qu’est-ce que la Journée mondiale de la réfrigération ? Le 26 juin est considéré comme le jour le plus frais de l’année. Ce jour a été choisi pour célébrer, depuis 2019, la Journée mondiale de la réfrigération. C’est également l’anniversaire du pionnier de la réfrigération, Lord Kelvin.
L’événement a pour but de sensibiliser les acteurs économiques, les décideurs institutionnels et le grand public à l’importance des technologies du froid, dont les retombées touchent les dimensions alimentaire, économique, sociale, sanitaire et climatique.
Le froid a pris une importance croissante, non seulement dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi comme vecteur de développement, de compétitivité et de création d’emplois.
