
Industries mécanique et électrique : Une industrie en pleine ascension malgré les chiffres
La Tunisie se positionne de plus en plus comme un acteur clé dans le domaine de l’industrie mécanique, électrique et électronique, notamment dans la fabrication de composants automobiles et de véhicules électriques. Grâce à une augmentation significative des exportations et à des investissements en plein essor, ce secteur ne se contente plus d’être un simple complément, mais devient un véritable moteur de l’économie nationale.
Pour ceux qui conduisent des voitures européennes, il est fort probable qu’elles contiennent des pièces fabriquées en Tunisie. Cette réalité, loin d’être un simple hasard, témoigne de la résilience et de la compétitivité de l’industrie tunisienne face à des défis économiques mondiaux toujours plus complexes.
Les industries des composants automobiles, ainsi que celles des secteurs électronique et électrique, jouent un rôle central dans la dynamique de croissance du pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, la valeur ajoutée de ce secteur a enregistré une hausse de 6,2 %, contrastant avec une progression plus modeste de 1,5 % en 2024. Par ailleurs, les investissements directs étrangers (IDE) dans ce domaine ont bondi de 63 % par rapport à l’année précédente, surpassant des secteurs traditionnellement dominants comme le textile.
Jalel Tebib, directeur général de Fipa, a souligné que « le pays s’impose comme une destination de référence pour la fabrication de composants automobiles », avec la présence de grands noms de l’industrie qui ont établi des unités de production et des centres de recherche en Tunisie. Les résultats d’une enquête semestrielle de l’INS révèlent également une amélioration continue, le solde d’opinion des chefs d’entreprise concernant l’investissement dans le secteur des industries mécaniques et électriques ayant progressé de 35 % à 48 % entre le deuxième semestre 2025 et le premier semestre 2026.
Les prévisions pour le second semestre 2026 sont également optimistes, avec une anticipation d’augmentation des investissements, le solde d’opinion devant passer de 10 % à 37 %. En matière d’exportations, le secteur a dépassé les 31 milliards de dollars en 2025, affichant une croissance de plus de 8 % par rapport à 2024, et de 27 % par rapport à 2022, principalement grâce à une demande accrue en provenance de la zone euro.
Cette performance s’explique par les efforts conjoints des secteurs public et privé pour renforcer leur présence sur les marchés traditionnels et améliorer l’intégration locale. La proximité géographique avec l’Europe constitue un atout, mais c’est surtout la qualité des ressources humaines qui attire les investisseurs étrangers et incite les entrepreneurs tunisiens à s’engager dans ce secteur prometteur.
La récente réussite de Bako Motors, une startup spécialisée dans les véhicules électriques, qui réussit à s’imposer sur des marchés exigeants comme l’Europe et le Moyen-Orient, illustre le potentiel des compétences tunisiennes. D’autres entreprises locales se sont également distinguées sur la scène mondiale, notamment dans le domaine du câblage électrique.
Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat de stratégies bien définies, comme les pactes de compétitivité établis pour les industries mécaniques et électroniques. Le projet de « Ville Automobile Intelligente », lancé par le ministère de l’Industrie, vise à attirer 1,3 milliard de dinars d’investissements dans les véhicules électriques et intelligents, renforçant ainsi l’image du secteur.
Dans le secteur électronique, un pacte de compétitivité récemment signé entre le secteur public et privé fixe des objectifs ambitieux de 5 milliards de dinars d’exportations et la création de 10 000 emplois qualifiés d’ici 2030, marquant le début d’une nouvelle ère pour la compétitivité de l’industrie tunisienne.
