
Greenpeace salue l’autorisation des batteries solaires en Tunisie, mais demande une stratégie nationale.
La décision des autorités tunisiennes d’autoriser l’installation de systèmes de stockage par batteries pour les panneaux solaires représente « une avancée ouvrant la voie à des solutions énergétiques décentralisées plus résilientes », a affirmé Ghiwa Nakat, directrice exécutive de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord.
Dans une déclaration à l’agence TAP, elle a néanmoins souligné que l’impact de cette mesure resterait limité si elle ne s’inscrivait pas dans une vision nationale à long terme, visant à faire de l’énergie décentralisée un investissement stratégique pour la préparation aux crises et le renforcement de la résilience des communautés.
Elle a également insisté sur la nécessité de garantir un accès équitable à ces systèmes, en mettant en place des incitations à l’investissement et des mécanismes de financement pour en réduire le coût pour les citoyens. « Le développement de systèmes d’énergies renouvelables équitables et résilients est devenu une nécessité pour assurer l’approvisionnement des infrastructures essentielles et des populations les plus vulnérables, faisant de la transition énergétique un levier de justice climatique », a-t-elle précisé.
Par ailleurs, Nakat a indiqué que Greenpeace suit avec une grande préoccupation les conséquences humaines et économiques de la vague de chaleur qui touche la Tunisie, tout comme plusieurs pays de la région.
Cet épisode de forte chaleur a exercé une pression sans précédent sur les réseaux d’électricité et d’eau, entraînant des coupures prolongées dans plusieurs régions, ainsi que des perturbations des services de télécommunications et d’internet. Estimant que cette situation illustre les effets croissants du changement climatique sur les populations, Nakat a souligné que la crise climatique dépasse la seule dimension environnementale pour devenir également un enjeu humain et de justice climatique, les populations les moins responsables des émissions étant aussi les plus exposées à leurs conséquences.
Elle a enfin rappelé que la sécurité énergétique ne se mesure pas uniquement à la continuité de l’approvisionnement en électricité, mais également à la capacité des communautés à résister aux chocs climatiques et à préserver leur santé ainsi que leurs moyens de subsistance.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé, le 22 juillet, que les particuliers sont désormais autorisés à installer des batteries de stockage associées à des onduleurs hybrides pour leurs installations photovoltaïques. Cette mesure, prise dans un contexte de fortes chaleurs et de pression exceptionnelle sur le réseau électrique national, permettra aux utilisateurs de panneaux solaires d’alimenter leurs habitations grâce à l’électricité stockée, y compris lors de coupures temporaires du réseau, a précisé la STEG.
