« Gentlemen sing the jazz » au CinéMadart : Démocratisation du jazz en perspective
Le spectacle « Gentlemen sing the jazz » aura lieu au CinéMadart le 24 juin et réunira 18 artistes. Ahmed Ajabi a déclaré qu’il souhaite rendre le jazz plus populaire et accessible aux Tunisiens, en privilégiant des morceaux « reconnaissables ».

Après une série de concerts, souvent complets, le saxophoniste Ahmed Ajabi et son Sunday Jazz Big Band remonteront sur scène pour « Gentlemen sing the jazz ». Ce spectacle, programmé au CinéMadart le 24 juin, rassemblera 18 artistes autour d’une setlist conçue pour captiver le public.
La Presse — Ahmed Ajabi est à l’origine de deux ensembles spécialisés dans le jazz, comme l’indiquent leurs noms : The Jazztet, un groupe avec lequel il continue d’organiser de nombreux concerts, et le SJ Big Bad, une grande formation comptant près de 20 artistes, tant au chant qu’aux instruments.
Ce collectif est né il y a plus de 3 ans, selon Ahmed Ajabi, à travers des ateliers hebdomadaires qui ont évolué pour former un groupe où des musiciens reconnus côtoient de jeunes talents. Leur point commun est leur excellence musicale et leur passion pour le jazz.
Le SJ Big Band a déjà proposé plusieurs concerts réussis. Le nombre et la liste des musiciens varient pour deux raisons majeures, d’après Ahmed Ajabi. D’abord, pour permettre à davantage d’artistes de vivre cette expérience unique en partage, et ensuite pour compenser l’indisponibilité occasionnelle des musiciens engagés dans d’autres projets.
L’un des principaux atouts du SJ Big Band réside dans son ampleur. Au-delà de l’impact visuel dès leur entrée sur scène, la diversité des instruments et des timbres vocaux génère une richesse sonore inégalée.
Pour le concert du 24 juin, les trompettes seront tenues par Amir Hnia, Hatem Zghonda et Ahmed Hadj Mabrouk. Au saxophone, on retrouvera Alix Gastambide, Khalil Kammoun, Skander Ayari, Mohamed Limem Smida et le célèbre saxophoniste Chiheb Baazaoui. Le flûtiste Mohamed Zouari, le bassiste Sahbi Mustapha et le percussionniste Habib Bargui seront également présents. Parmi d’autres musiciens renommés, Hedi Fahem sera à la guitare, le pianiste américain basé en Tunisie Kyle Schafer au piano et Mohamed Khachnaoui à la batterie.
Le public applaudit également les chanteurs Wajih Bejaoui, Khaled Sellami et Mahmoud Ajabi, qui jouera aussi du trombone.
Cet ensemble sera dirigé par Ahmed Ajabi, qui occupera le rôle de chef d’orchestre durant la soirée.
Un public élargi pour un programme exclusivement jazz
Le concert s’inscrit dans la continuité des précédents, notamment « Ladies sing the jazz » qui a mis en avant les voix féminines. La setlist a été soigneusement élaborée, comme l’a expliqué Ahmed Ajabi. Fort de ses études musicales, avec une spécialisation en jazz et en instruments à vent, son but est de populariser ce répertoire et d’élargir son audience.
Son ambition est de démocratiser le jazz par étapes, afin de le faire découvrir et apprécier par de nouveaux publics. « Nous voulons rendre les concerts de jazz accessibles, visibles et adaptés aux goûts des Tunisiens », a-t-il déclaré. Selon lui, le jazz devient plus attrayant lorsque les morceaux sont « reconnaissables ».
Il s’appuie donc sur des standards connus, en intégrant notamment le répertoire de Frank Sinatra pour le prochain spectacle. Ces morceaux familiers séduisent aussi bien les amateurs que les néophytes de ce genre musical souvent considéré comme élitiste. « Avec l’expérience, je connais les attentes des spectateurs et j’adapte ma prestation, tout en intégrant des morceaux que les musiciens apprécient jouer pour qu’ils s’épanouissent », a ajouté Ajabi.
Le programme inclura donc non seulement des titres familiers, mais aussi des œuvres majeures du jazz et des découvertes. Il promet des chants, du swing, de l’émotion et une énergie collective pour enchanter les spectateurs tout au long de la soirée.
Interrogé sur la possibilité d’un mélange musical entre le jazz et d’autres genres, moderne dans les pratiques actuelles, Ahmed Ajabi a répondu qu’il se concentrera sur la « pure tradition » avec quelques influences de jazz moderne. Bien qu’il soit ouvert aux fusions qu’il a adoptées dans le passé, il préfère cette fois se focaliser sur l’essence du jazz. Toutefois, il admet que cette approche pourrait limiter l’attrait et la rentabilité de ses prestations.
Un autre aspect essentiel des concerts du SJ Big Band est la communication qui instaure une atmosphère conviviale. Ahmed Ajabi présente la plupart des morceaux et introduit les musiciens ainsi que les chanteurs avec un ton qui renforce la proximité avec le public. « J’ai beaucoup de gratitude envers ceux qui viennent. Cette connexion avec le public est importante pour moi », a-t-il affirmé.
Est-il possible pour les artistes tunisiens de proposer des concerts de jazz compétitifs à grande échelle, comparables à ceux que l’on peut voir à l’étranger ? Pour Ahmed Ajabi, la réponse est positive. Actuellement, il envisage de se produire dans des salles plus grandes et sur de plus grandes scènes, notamment au Festival international d’El Jem. Il est à noter que le Jazztet se produira le 6 juillet pour le retour de « Layali El Abdellia ». Une autre représentation est prévue le même jour dans le cadre du Street Jazz, au Tabarka Jazz Festival.
