Tunisie

Fuite de pétrole au large d’Oman : Risques de perturbations maritimes régionales

Une fuite de pétrole d’une ampleur préoccupante a été signalée au large des côtes du Sultanat d’Oman, résultant d’un incident impliquant le pétrolier russe Caroline Bezengi, qui a échoué en juin dernier. Cette situation a conduit à l’expansion d’une nappe de pétrole qui atteint désormais les rivages omanais, incitant les autorités à déployer des navires de sauvetage, des avions et des équipements spécialisés pour contenir les effets de ce déversement qui perdure depuis plusieurs semaines.

La société britannique Ambrey, spécialisée dans la gestion des risques, a révélé que plus de 100 tonnes d’équipements sont mobilisées pour cette intervention, en collaboration avec une entreprise internationale dédiée à la réponse aux incidents de pollution pétrolière. L’accident a eu lieu alors que le Caroline Bezengi transportait environ 800.000 barils de pétrole russe, en route de la Russie vers l’Inde, avant de rencontrer des difficultés au large d’Oman.

Des images du pétrolier montrent des dommages qui pourraient être liés à un incendie ou à une explosion, mais la cause exacte de l’incident reste à déterminer. Les experts et les sources de sécurité maritime n’ont pas encore identifié de responsable. Selon Greenpeace, relayé par CNN, la nappe de pétrole couvre environ 1.300 km², avec des portions atteignant le littoral à près de 200 km du site de l’accident. L’analyse des images satellites indique que le déversement s’est dispersé dans plusieurs zones, soulignant une expansion plutôt qu’une concentration.

Les efforts de confinement se heurtent à des conditions climatiques difficiles, notamment des vents de mousson, compliquant ainsi les opérations. Les autorités omanaises surveillent attentivement les impacts environnementaux et les conséquences sur les ressources halieutiques. Le ministère omanais de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydriques a confirmé la poursuite des prélèvements d’échantillons de produits de la mer pour garantir leur sécurité, tout en conseillant aux pêcheurs d’éviter les zones touchées par les nappes de pétrole.

L’incident soulève des préoccupations supplémentaires en raison de la nature du pétrolier et de son itinéraire. Le Caroline Bezengi, classé dans la « flotte fantôme », a quitté le port de Novorossiïsk en Russie, traversé le canal de Suez et navigué vers la mer d’Arabie, transportant du pétrole russe malgré les sanctions en vigueur. Cela met en lumière les risques associés aux navires opérant sous des régimes complexes de propriété et d’assurance.

La fuite de pétrole survient à un moment où les voies maritimes autour de la péninsule arabique sont déjà perturbées, avec des restrictions sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Alors que les opérations de confinement se poursuivent, cet incident met en évidence les conséquences environnementales directes de la perturbation de la navigation dans la région, suscitant des inquiétudes quant à l’extension des dommages vers des zones maritimes et côtières sensibles.