
Financements privés : La dynamique africaine ne profite pas qu’à la Tunisie
L’Afrique se positionne de plus en plus comme un acteur clé dans l’attraction de financements privés grâce à la finance publique de développement. D’après le rapport 2026 de l’OCDE, le continent a su capter la plus grande part mondiale de ces financements entre 2021 et 2024. La Tunisie, bien que participant à cette dynamique, mobilise en moyenne 137,6 millions de dollars par an, un chiffre à comparer aux montants plus élevés observés chez ses voisins nord-africains, tels que le Maroc et l’Égypte.
La recherche de financements privés est essentielle pour le développement, permettant aux institutions publiques de canaliser des capitaux vers des secteurs prioritaires comme les infrastructures, l’énergie, et les projets liés à la transition climatique. Dans son étude intitulée « Private Finance Mobilisation Report 2026 », l’OCDE met en lumière l’importance croissante de cette tendance. En effet, l’Afrique a été la première région à bénéficier de financements privés mobilisés par la finance publique de développement, avec une moyenne annuelle de 19,7 milliards de dollars, représentant près de 30 % du total mondial. Cependant, ces financements sont concentrés dans un nombre restreint de pays, dont plusieurs affichent des niveaux particulièrement élevés.
Le Maroc se distingue comme l’un des principaux bénéficiaires à l’échelle mondiale, ayant mobilisé environ 1,52 milliard de dollars par an entre 2021 et 2024, bien que ces montants aient varié d’une année à l’autre. Par exemple, le pays a enregistré 2,73 milliards de dollars en 2021, suivi de 1,42 milliard en 2022, avant de descendre à 575 millions en 2023, puis de remonter à environ 1,36 milliard en 2024. En comparaison, la Tunisie a mobilisé 174 millions de dollars en 2021, 46 millions en 2022, 169 millions en 2023 et 161 millions en 2024, plaçant le pays derrière le Maroc et l’Égypte, mais devant l’Algérie et la Libye.
L’Égypte, pour sa part, a enregistré une moyenne de 1,67 milliard de dollars par an durant la même période, tandis que l’Algérie se situe autour de 52 millions de dollars par an, et la Libye présente des montants très faibles. Il est important de noter que ces comparaisons doivent être interprétées avec précaution, car les volumes de financements dépendent de divers facteurs, tels que la taille des économies, le type de projets, et le calendrier des opérations soutenues par les institutions de développement.
Pour les pays africains, ces financements privés représentent une opportunité de compléter les ressources publiques et de soutenir des investissements souvent coûteux. Les secteurs des infrastructures et des services attirent une part significative de ces financements. De plus, la transition climatique est un domaine crucial, avec près de 40 % des financements privés mobilisés entre 2021 et 2024 étant consacrés à des actions liées au climat.
Pour la Tunisie, cette évolution ouvre des perspectives intéressantes dans des domaines variés tels que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, et les infrastructures. Les mécanismes de financement mixtes, tels que les garanties et les prêts syndiqués, peuvent réduire les risques et faciliter la mise en œuvre de projets.
La concurrence régionale s’intensifie, avec le Maroc et l’Égypte en tête en termes de montants mobilisés. La Tunisie, bien qu’opérant à une échelle plus modeste, reste active dans cette dynamique. Dans un contexte où les besoins d’investissement augmentent, notamment pour les infrastructures et la transition énergétique, le développement de ces mécanismes représente une opportunité pour les économies africaines.
Pour la Tunisie, le défi consiste à capitaliser sur cette dynamique en développant davantage de projets susceptibles de bénéficier de financements mixtes et en renforçant les partenariats avec les institutions de développement internationales. Les données de l’OCDE soulignent ainsi que la mobilisation de capitaux privés est désormais une composante essentielle du financement du développement en Afrique, avec la Tunisie participant à cette dynamique régionale, tout en s’inspirant des expériences du Maroc et de l’Égypte.
