Tunisie

Festival international de Carthage Nordo : succès indéniable confirmé

Stress, trac et une énergie débordante ont marqué le spectacle du chanteur, compositeur et acteur Nordo, qui s’est produit mardi dernier lors du 60e Festival de Carthage. C’était la deuxième fois que le rappeur se produisait sur cette scène prestigieuse, très prisée par de nombreux artistes, notamment tunisiens. Dans une nuit caniculaire et devant des gradins complets, l’artiste a mis les petits plats dans les grands, peut-être un peu trop pour ce retour triomphal.

En 2023, il avait réussi à séduire le public avec un répertoire personnel mêlant rap et afro-pop. Nordo, de son vrai nom Marwane Jebali, a donc offert une performance éblouissante et dynamique à ses nombreux fans ce soir-là.

Son entrée sur scène, inspirée des grandes stars occidentales, a été originale. Élevé sur un monte-charge, vêtu d’un costume et de lunettes noires, il a salué son public, qui lui a répondu par de fortes acclamations. Sans tarder, il a rejoint la scène où l’attendait un grand orchestre dirigé par le maestro Youssef El Heni.

Accompagné d’un ensemble musical complet et de jeunes danseurs dont les chorégraphies ont apporté une dynamique particulière au spectacle, Nordo a interprété ses tubes viraux tels que « 3arbouch », « Trabit », « Ghariba », « Ena w Lil » et « Ya Donia ». Au total, il a présenté plus d’une vingtaine de titres que le public connaissait par cœur. Il a également salué la présence de la réalisatrice Saoussen Jomni, qui lui a offert plusieurs rôles dans ses feuilletons ramadanesques, confirmant ainsi son talent d’acteur.

Au milieu du spectacle, mis en scène et chorégraphié par Amel Rezgui, le chanteur, qui a commencé à se faire connaître dans les pays arabes, a invité Ahmed Zaim, un jeune artiste égyptien, puis Rahma, également une chanteuse montante égyptienne, qui a interprété son nouveau tube ayant enregistré un record d’écoute sur YouTube.

Dans la deuxième partie du spectacle, un changement de costume a eu lieu. Passant du noir au rouge, l’ancien collaborateur de Balti a exprimé sa volonté d’adopter un mode romantique avec des mélodies telles que « EnaWayek », accompagné de deux enfants, puis d’un couple de personnes âgées, suivi de « Amoremio » avec une danse flamenco, et enchaînant avec « WahchKleni », « Layem » et « Wili », un stambeli gnawa, avant de conclure avec un afro house.

Lors de la conférence de presse qui a suivi le spectacle, l’artiste a exprimé sa gratitude envers son équipe et son public, tout en révélant que le concert avait été monté en seulement deux jours, sans toutefois évoquer les difficultés rencontrées lors de la préparation. Profondément ému, il a versé des larmes pour évacuer le stress qui l’avait submergé.

Nordo peut être fier d’avoir réalisé un succès total en établissant une symbiose exceptionnelle avec un public qui connaissait son répertoire par cœur. Il a ainsi créé une nouvelle dynamique sur la scène musicale tunisienne, exploitant son talent de chanteur, compositeur, acteur et danseur, prouvant que sa musique, très populaire en ligne, possède une force organique capable de remplir les gradins de Carthage.