Tunisie

Femme rurale : Un pilier silencieux de l’économie en 2023

Dans les zones rurales de Tunisie, à l’aube, bien avant que les marchés n’ouvrent leurs portes, des milliers de femmes s’activent déjà. Elles sont à la fois semeuses, récolteuses, éleveuses et transformatrices. Ces femmes constituent un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire du pays. Chaque panier de produits frais, qu’il s’agisse de légumes ou de fruits, témoigne souvent du travail acharné d’une femme rurale, dont l’effort soutient discrètement l’économie agricole nationale.

Près de la moitié de la main-d’œuvre agricole en Tunisie est composée de femmes, qui s’impliquent non seulement dans la production, mais également dans la transformation et la valorisation des produits locaux. Leur rôle ne se limite plus à celui de travailleuses invisibles ; elles émergent en tant qu’entrepreneures, gestionnaires, cheffes de coopératives et actrices influentes de la gouvernance locale.

Améliorer les conditions d’emploi de ces femmes, valoriser leur travail et renforcer leur accès aux droits sociaux ne sont pas seulement des enjeux d’équité, mais également des nécessités économiques. La souveraineté alimentaire en Tunisie repose en grande partie sur leurs contributions.

La femme agricultrice, souvent méconnue, est une force déterminante qui façonne l’avenir du pays. Éloignée des projecteurs des grandes villes, elle incarne bien plus qu’une simple figure de résilience ; elle est le socle de l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’un garant de la sécurité alimentaire.

L’autonomisation des femmes est perçue en Tunisie comme un levier crucial pour transformer durablement la société. Leur contribution au développement du secteur agricole est de plus en plus reconnue. Pour renforcer leur rôle, il est essentiel d’élargir leur participation à toutes les étapes de la chaîne de valeur, y compris la transformation, la distribution et la commercialisation, qui sont souvent dominées par les hommes.

Pour favoriser l’engagement des femmes dans le commerce, il est nécessaire d’améliorer leurs compétences entrepreneuriales et de faciliter leur accès à des aides financières, à la micro-finance et aux coopératives. Les secteurs public et privé doivent collaborer pour promouvoir leur rôle et leur offrir les ressources nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Sur le plan macroéconomique, la valeur ajoutée du secteur agricole devrait continuer à croître, soutenue par la résilience des filières de transformation où les femmes jouent un rôle clé.

Le paysage agricole tunisien évolue, intégrant des femmes rurales qui travaillent la terre, des ingénieures et des chercheuses développant des solutions agronomiques, ainsi que des entrepreneures investissant dans des technologies innovantes. Cette dynamique prend une ampleur particulière en 2026, proclamée par les Nations Unies comme l’Année internationale de la femme agricultrice. Cette initiative vise à reconnaître la contribution des femmes aux systèmes agroalimentaires et à lutter contre les inégalités d’accès à la terre, au financement, aux technologies et à la formation.

Historiquement, les campagnes tunisiennes ont toujours bénéficié d’une technologie précieuse : le savoir-faire transmis de génération en génération. Les femmes ont toujours été actives dans toutes les étapes de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de la semence à la commercialisation, en passant par l’élevage et la conservation des semences.

À travers la valorisation des produits locaux, la transformation artisanale et les coopératives, certaines femmes réussissent à transformer des ressources locales en activités génératrices de revenus, une réalité d’autant plus cruciale face aux défis que rencontre l’agriculture tunisienne, tels que le changement climatique et la pression sur les ressources naturelles.

Malgré l’importance de l’agriculture dans l’économie tunisienne, les pratiques durables et modernes ne sont pas encore largement adoptées. Les initiatives pour une agriculture intelligente, durable et résiliente restent limitées. Les plans et stratégies actuels ne garantissent pas toujours une transformation efficace du secteur.

Exploiter pleinement les nouvelles technologies pour optimiser les ressources est essentiel. Bien que le potentiel de l’agriculture climato-intelligente en Tunisie soit immense, il demeure sous-exploité. Cependant, une nouvelle révolution technologique est en cours. Des outils tels que les capteurs connectés, les drones et l’intelligence artificielle commencent à transformer les méthodes de production agricole, non pas pour remplacer les agriculteurs, mais pour leur fournir des informations précises afin d’améliorer leurs décisions.

L’intelligence artificielle, par exemple, peut analyser des images de cultures, détecter des maladies, suivre l’état des plantes et optimiser l’irrigation. Pour un pays confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau, ces outils peuvent jouer un rôle crucial dans le développement d’une agriculture de précision.

Les femmes, qu’elles soient ingénieures, chercheuses ou entrepreneures, commencent à s’impliquer dans ces nouveaux domaines. Elles ne sont plus seulement des utilisatrices des technologies, mais participent également à leur conception et à leur mise en œuvre. L’évolution de leur rôle dans l’agriculture est également mesurable à travers l’entrepreneuriat, avec l’émergence de nouvelles initiatives féminines dans des domaines variés tels que la transformation des produits agricoles, l’agroalimentaire, l’agriculture biologique et les solutions numériques.