Tunisie

Entre impératif écologique et enjeu économique : le défi de l’économie circulaire

L’économie circulaire s’impose progressivement comme un levier stratégique de compétitivité pour les entreprises tunisiennes face à la raréfaction des ressources et à la hausse des coûts de l’énergie. La rencontre «Économie circulaire et compétitivité industrielle : accélérer la transition des entreprises», organisée par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (Ccitf), a réuni des acteurs institutionnels, des experts et des représentants d’entreprises pour aborder le cadre réglementaire, les solutions innovantes et les outils financiers.

Face à la réduction des ressources, à l’augmentation des coûts de l’énergie et aux nouvelles exigences des marchés internationaux, l’économie circulaire s’affirme progressivement comme un levier stratégique de compétitivité. Grâce à un cadre réglementaire approprié, à des solutions innovantes et à des mécanismes de financement, les entreprises tunisiennes doivent accélérer leur transition pour convertir les contraintes environnementales en opportunités de croissance.

La Presse — Comment transformer les défis de l’économie circulaire en un levier de compétitivité pour les entreprises ? Quel cadre réglementaire et quels outils financiers sont les plus adaptés à cette transition, qui est non seulement une obligation environnementale, mais également un enjeu économique majeur ? Ces questions ont été au cœur de la rencontre intitulée « Économie circulaire et compétitivité industrielle : accélérer la transition des entreprises », organisée récemment par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (Ccitf). Ce rassemblement a réuni des acteurs institutionnels, des experts et des représentants d’entreprises, abordant le sujet autour de trois axes principaux : le cadre réglementaire, la réalité du terrain avec des solutions innovantes, ainsi que les outils financiers nécessaires pour accompagner cette transition.

Lors de l’ouverture de la rencontre, Khelil Chaibi, président de la Ccitf, a indiqué que l’enjeu de l’économie circulaire va désormais au-delà de la seule dimension écologique pour devenir un véritable levier de performance économique, particulièrement dans un contexte de raréfaction des ressources et d’augmentation de leurs coûts. « Lorsqu’on parle d’économie circulaire, on pense souvent à la protection de l’environnement. Mais, aujourd’hui, l’économie circulaire est bien plus qu’un sujet écologique. Elle est devenue un véritable levier de performance économique face à la raréfaction des ressources, à la hausse et à la volatilité des coûts de l’énergie et des matières premières, ainsi qu’aux nouvelles exigences réglementaires et aux attentes croissantes des marchés internationaux », a-t-il déclaré.

Il a également souligné que les modèles industriels subissent aujourd’hui une transformation significative, une réalité qui incite les entreprises à s’adapter, à innover et à repenser leurs méthodes de production et de consommation des ressources.

Structurer les pratiques de réemploi et de valorisation des ressources

Pour Khelil Chaibi, cette évolution est particulièrement cruciale pour les entreprises tunisiennes. « Notre économie est étroitement intégrée aux chaînes de valeur européennes, où les exigences en matière de durabilité évoluent rapidement. L’écoconception, la traçabilité, la réduction de l’empreinte carbone, le recyclage et la valorisation des déchets deviennent progressivement des facteurs de compétitivité et parfois même des conditions d’accès au marché », a-t-il précisé. Il a en outre affirmé que la transition vers une économie plus circulaire ne devrait pas être perçue comme une contrainte supplémentaire.

Au contraire, elle constitue une opportunité d’innovation, de différenciation et de création de valeur. Les entreprises capables d’anticiper ces évolutions pourront, selon lui, renforcer leur résilience, améliorer leur compétitivité et être mieux préparées à saisir les opportunités futures. « La Tunisie possède d’ailleurs de nombreux atouts pour réussir cette transition. Les pratiques de réemploi, de réparation et de valorisation des ressources font déjà partie de notre culture économique », a-t-il indiqué.

D’après lui, le défi actuel consiste à structurer ces initiatives, à les intégrer dans une véritable stratégie industrielle et à leur permettre de croître. Une telle transformation requiert l’engagement de tous les acteurs, un cadre réglementaire approprié, des mécanismes de financement accessibles, des dispositifs d’accompagnement efficaces et une coopération étroite entre les secteurs public et privé. Le président de la Ccitf a également souligné qu’il est possible de s’inspirer de l’expérience française, étant donné que les entreprises tunisiennes font face à des défis similaires.

Les échanges d’expériences, les partenariats technologiques, les projets conjoints et les solutions de financement peuvent, selon lui, être des catalyseurs puissants de transformation. Chaibi a par ailleurs rappelé que cette thématique s’inscrit pleinement dans les priorités de la Ccitf, qui a récemment obtenu le label Positive Company, une distinction qui traduit, selon lui, la volonté de l’organisation d’accompagner les entreprises face aux grandes mutations économiques, industrielles et environnementales. « Nous nous attachons à mobiliser notre réseau, à favoriser le développement des différents acteurs de l’écosystème et à créer des passerelles entre les expertises tunisiennes et françaises autour de sujets majeurs tels que l’économie circulaire, la décarbonation, la transition énergétique ou le développement des compétences.

La richesse des expertises réunies aujourd’hui permettra d’enrichir la réflexion collective et, surtout, de dégager des pistes d’action concrètes pour une économie tunisienne plus compétitive, plus innovante et plus durable », a-t-il conclu.