Tunisie

Détroit d’Ormuz : Téhéran exige des garanties américaines pour réouverture

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a clairement affirmé que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. Cette déclaration survient dans un contexte où l’Iran se positionne comme un acteur stratégique, soulignant qu’il ne se laisse pas intimider par la pression américaine.

Baghaei a insisté sur le fait que les conditions nécessaires pour considérer le détroit d’Ormuz comme une voie maritime sûre ne seront pas réunies tant que le blocus naval américain perdurera. Il a également précisé que c’était à Washington de mettre fin à ses actions jugées illégales et destructrices, en référence au blocus des ports iraniens.

De son côté, Mohammad Bagher Zolghadr, un responsable iranien, a détaillé les conditions que Téhéran impose, incluant la cessation de la guerre et des agressions contre l’Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak. Les demandes incluent également la levée des sanctions, la libération des avoirs iraniens gelés, ainsi que des compensations pour les dommages de guerre.

Dans une déclaration récente, Donald Trump a semblé ouvert à intensifier la pression économique sur l’Iran, tout en renonçant à des frappes militaires. Il a été rapporté qu’il voyait les négociations avec Téhéran comme un « jeu de société », tout en affirmant que les États-Unis observaient l’Iran, qui fait face à une inflation élevée et à des difficultés financières.

Parallèlement, l’Iran engage des discussions avec Oman concernant le transit par le détroit d’Ormuz, envisageant la création d’un couloir maritime temporaire. Ce détroit est crucial, transportant près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, et sa fermeture a des répercussions significatives sur les prix de l’énergie à l’échelle mondiale.

En outre, Téhéran a récemment annoncé une rencontre entre le président iranien Masoud Pezeshkian et l’ayatollah Mojtaba Khamenei, qui n’avait pas été vu en public depuis le début du conflit. Bien que la date de cette rencontre n’ait pas été précisée, elle survient dans un contexte de spéculations sur l’état de santé de Khamenei, qui aurait été blessé lors de frappes.

Le bureau de Khamenei a indiqué que les deux dirigeants avaient discuté des questions nationales, y compris de la situation militaire actuelle. Des sources militaires iraniennes ont affirmé que des images de Khamenei seraient publiées ultérieurement, mais sans préciser de calendrier.

Esmail Baghaei a également commenté le récent pacte de défense signé entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, le qualifiant de « signe de changement dans la perception » des pays de la région vis-à-vis des États-Unis. Selon lui, les nations de la région prennent conscience que la sécurité ne peut être achetée auprès de « faux courtiers » et qu’elles ne doivent plus compter sur les promesses américaines.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a précisé que ce pacte stipule qu’une attaque contre un membre serait considérée comme une attaque contre tous, visant à renforcer la dissuasion collective. La Turquie a également affirmé que cet accord n’était pas dirigé contre l’Iran.