
Délestages en Tunisie : La durée de vie des appareils menacée
A défaut de se doter de blocs multiprises pour se protéger contre les surtensions, la surchauffe et les pics d’électricité, les appareils ménagers et électroniques des foyers tunisiens risquent de s’endommager et de connaître des pannes majeures à long terme. Il est essentiel d’être particulièrement vigilant quant au bon fonctionnement de ces appareils, surtout dans les zones reculées du pays ou dans des régions particulièrement touchées comme Rafraf (Bizerte), certaines délégations à Sousse ou Monastir, sans oublier le Grand Tunis, qui subissent des perturbations électriques et des délestages.
Depuis la mi-juillet, de nombreuses régions du pays font face à des coupures d’électricité fréquentes, souvent non annoncées ou mal expliquées. Ces délestages, qui persistent depuis une dizaine de jours, rythment désormais la vie quotidienne de milliers de familles tunisiennes et soulèvent de nombreuses questions sur leurs répercussions sur la vie des citoyens, les équipements domestiques et l’activité économique.
Pour les ménages, les interruptions de courant ne se limitent pas à une simple gêne. Elles perturbent profondément les routines quotidiennes des familles tunisiennes. Les appareils électroménagers cessent de fonctionner, les climatiseurs s’arrêtent en pleine période de fortes chaleurs, les ascenseurs sont immobilisés et les connexions internet deviennent instables, rendant difficile le télétravail, les études à distance et les activités professionnelles des familles.
Les coupures répétées, ainsi que les variations de tension qui les accompagnent souvent, suscitent également des inquiétudes quant à la longévité des équipements électriques. Réfrigérateurs, congélateurs, téléviseurs, ordinateurs, climatiseurs et autres appareils électroniques sont exposés à un risque accru de panne ou de dégradation. Pour de nombreux foyers tunisiens, le remplacement ou la réparation de ces équipements représente une charge financière difficile à supporter dans un contexte économique déjà marqué par une forte inflation.
La conservation des aliments constitue une autre préoccupation majeure pour les familles. Les réfrigérateurs, soumis à des interruptions fréquentes, peinent à maintenir une température suffisamment basse pour garantir la fraîcheur des produits. Viandes, produits laitiers, poissons, plats cuisinés et médicaments nécessitant une chaîne du froid deviennent particulièrement vulnérables.
Les familles se voient souvent contraintes de consommer rapidement leurs provisions, de limiter leurs achats ou, dans le pire des cas, de jeter des aliments devenus impropres à la consommation, aggravant ainsi le gaspillage alimentaire. De nombreuses familles ont dû jeter leurs provisions, notamment les viandes rapidement périssables, ce qui a engendré de nombreuses frustrations.
Les professionnels ne sont pas non plus épargnés. Commerçants, restaurateurs, boulangers, artisans et petites entreprises subissent des pertes dues à l’arrêt des équipements, à la détérioration des marchandises et au ralentissement de leur activité. Les coupures perturbent également les services administratifs et certaines prestations de santé, notamment lorsque les établissements ne disposent pas de groupes électrogènes performants.
Face à cette situation, plusieurs citoyens ont pris des mesures de précaution. L’utilisation de multiprises équipées de protections contre les surtensions, le débranchement des appareils sensibles lors des coupures, ainsi que le recours à des onduleurs pour protéger les équipements informatiques figurent parmi les solutions les plus courantes.
Pour préserver les aliments, les spécialistes recommandent de limiter l’ouverture des portes du réfrigérateur et du congélateur pendant les coupures afin de conserver le froid le plus longtemps possible. Le regroupement des produits dans le congélateur et l’utilisation de glacières avec des accumulateurs de froid peuvent également contribuer à réduire les risques de détérioration.
Au-delà des solutions individuelles, les citoyens demandent davantage de visibilité sur les horaires des délestages afin de pouvoir s’organiser. Une communication plus régulière et plus transparente permettrait aux familles comme aux professionnels d’anticiper les coupures et d’en limiter les conséquences.
Face aux difficultés quotidiennes engendrées par les coupures d’électricité imprévisibles de la Steg, une professionnelle des médias en Tunisie propose une alternative radicale pour remplacer le délestage ponctuel et désordonné : « Au lieu de coupures aléatoires qui paralysent la vie quotidienne, comme l’impossibilité d’utiliser l’ascenseur, de cuisiner ou de travailler, elle suggère une coupure générale quotidienne de 14h00 à 17h00 sur tout le territoire, à l’exception des hôpitaux et des services vitaux.
Cette programmation fixe permettrait aux citoyens d’organiser leur temps et d’éviter l’angoisse constante de la panne inopinée. » Selon l’auteur, cette coupure collective et simultanée, suivie d’un retour synchrone de l’électricité, pourrait paradoxalement dynamiser l’activité commerciale, comparant ce moment à une ambiance de rupture du jeûne. Enfin, elle propose d’organiser un référendum national pour soumettre cette solution aux citoyens.
Alors que les températures estivales demeurent élevées et que la demande en électricité reste soutenue, les délestages mettent en lumière les défis auxquels est confronté le réseau électrique national. Entre impératifs techniques, hausse de la consommation et attentes légitimes des usagers, la question de la sécurité de l’approvisionnement électrique s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur pour la Tunisie.
En attendant le retour à une alimentation électrique stable, les Tunisiens continuent de s’adapter tant bien que mal à un quotidien rythmé par les coupures de courant, avec l’espoir que des solutions durables permettront de mettre fin à une situation qui affecte directement leur qualité de vie et leur pouvoir d’achat.
