Tunisie

Décès de l’historien francophone Khalifa Chater à 65 ans

L’historien et universitaire tunisien Khalifa Chater est décédé mercredi à l’âge de 90 ans. Le ministère des Affaires culturelles a salué dans un communiqué la mémoire d’un « érudit » et présenté ses condoléances à la communauté intellectuelle tunisienne.


L’historien et universitaire tunisien Khalifa Chater, une figure clé de la recherche en langue française sur la période moderne et contemporaine en Tunisie, est décédé mercredi à l’âge de 90 ans.

Le ministère des Affaires culturelles a rendu hommage à un « érudit » dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi et a présenté ses condoléances à la communauté intellectuelle tunisienne.

Professeur émérite à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis depuis 1972, Khalifa Chater a consacré sa carrière à l’étude des transformations sociales, politiques et précoloniales de la Tunisie au XIXe siècle.

Il était un représentant important de l’école historique francophone tunisienne post-indépendance, titulaire d’un doctorat de 3e cycle (1974) et d’un doctorat d’État (1981) obtenus à l’Université de la Sorbonne à Paris.

En plus de son parcours académique, il a dirigé plusieurs grandes institutions culturelles et documentaires du pays. Il a été à la tête du Centre culturel international d’Hammamet (1978), de l’Institut supérieur de documentation (1987-1996) et a exercé les fonctions de directeur général de la Bibliothèque nationale de Tunisie de 1997 à 2002.

L’historien a laissé un grand nombre d’ouvrages de référence en français. Les éditions de l’Université de Tunis ont publié ses premiers travaux majeurs : « Insurrection et répression dans la Tunisie du XIXe siècle » en 1978, suivi de « Dépendance et mutations de la Tunisie précoloniale (1815-1857) » en 1984.

Ses recherches les plus récentes avaient porté sur le XXe siècle, avec « L’ère Bourguiba : L’histoire et les révélations », publié en 2021 chez AC Éditions, avant la parution en 2025 de son dernier ouvrage, « La dynastie husseinite (1705-1957) », chez les éditions Nirvana.

Depuis 2008, le chercheur présidait la Commission de stratégie de la traduction pour promouvoir la présence culturelle tunisienne sur la scène culturelle mondiale, qui est rattachée à l’Institut de traduction de Tunis.