Tunisie

Contrôle et suivi : enjeux et perspectives à ne pas négliger

La décentralisation a été érigée au rang d’axe stratégique majeur de la politique de développement et constitue l’un des fondements de la souveraineté nationale. Le Chef de l’Etat a fait de l’accélération du déblocage de ces projets une priorité absolue pour 2026, multipliant les rappels à l’ordre et recommandant une refonte profonde de la gestion de ces chantiers de l’Etat.


La décentralisation, tant sur le plan économique, financier qu’administratif, a été placée au cœur de la politique de développement, en étant l’un des piliers de la souveraineté nationale.

Cette orientation est d’autant plus cruciale qu’elle vise à assurer une meilleure répartition des richesses, à élargir le champ de décision, à rapprocher les services des populations, notamment au niveau régional, à augmenter la participation citoyenne, à favoriser la cohésion sociale et à garantir une gestion publique plus efficace.

Cependant, malgré cette volonté affirmée et l’ampleur des enjeux, la décentralisation peine à se concrétiser, en raison des déséquilibres persistants, du manque de transfert réel d’autonomie économique et financière, et de la réticence de certaines structures centrales à renoncer à certaines prérogatives.

L’échec de ce processus, même à une échelle relative, se manifeste par la faiblesse des investissements et l’absence d’une véritable dynamique entrepreneuriale. Les données disponibles révèlent qu’environ 90 % des investissements se concentrent dans les zones côtières. De plus, les quelques projets lancés par-ci par-là n’ont pas porté leurs fruits ou, au mieux, n’ont pas obtenu la rentabilité escomptée, en raison d’un manque d’engagement, de responsabilisation ou d’évaluation.

Des analystes estiment également que cet échec pourrait s’expliquer par l’absence d’un véritable transfert technologique. Pourtant, l’un des objectifs majeurs de la décentralisation est de créer, progressivement, une dynamique économique innovante et à forte valeur ajoutée. Ces manquements méritent d’êtrerepensés et corrigés rapidement.

Mais c’est le gel des projets publics et leur mise en attente qui suscitent le plus d’inquiétude. Une telle négligence risque de compromettre l’ensemble de la politique de développement régional et d’affecter l’économie nationale dans son ensemble.

Il est indéniable que la réalisation de ces projets publics, souvent cruciaux, aurait permis de transformer et de réinventer le paysage socio-économique régional.

C’est pourquoi le Chef de l’État a fait de l’accélération du déblocage de ces projets une priorité absolue pour 2026, en multipliant les rappels à l’ordre et en appelant à une refonte profonde de la gestion de ces chantiers étatiques.

Cette restructuration devrait se concentrer sur «l’allégement des contraintes administratives, la mise en place d’un cadre juridique régissant la commande publique et l’instauration d’un système de contrôle et de suivi pour garantir la bonne gestion des fonds publics et définir les responsabilités en cas de blocage».

En outre, lors d’un Conseil des ministres samedi dernier, la Cheffe du gouvernement a souligné l’importance de ce dossier, appelant tous les acteurs à mettre fin à ce blocage inutile, d’autant que les budgets sont déjà mobilisés.

C’est précisément cette urgence qui justifie l’établissement d’une plateforme de contrôle, de suivi et d’actualisation, afin d’intervenir le cas échéant.