Tunisie

Conjoncture internationale : Les compagnies pétrolières ne tirent pas le dividende !

Les tensions géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient continuent d’influer sur les marchés de l’énergie, engendrant des conséquences significatives pour les économies mondiales. Alors que les grandes compagnies pétrolières enregistrent des bénéfices records, les consommateurs et les pays importateurs, comme la Tunisie, subissent les effets d’une flambée des prix du pétrole qui exacerbe leurs déséquilibres économiques.

La guerre en Ukraine, couplée aux conflits au Moyen-Orient, a provoqué une hausse spectaculaire des prix du pétrole. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les prix du baril, qui étaient d’environ 70 dollars en février 2026, ont atteint des sommets dépassant les 120 dollars, avec des fluctuations qui ne redescendent jamais aux niveaux d’avant-guerre. Cette volatilité est directement liée aux déclarations des acteurs du conflit, oscillant entre promesses de négociations et relances des hostilités.

Les répercussions de cette guerre ne se limitent pas à la hausse des prix. Environ 20 % des flux pétroliers mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique dont la sécurité est compromise par les combats. Les grandes compagnies pétrolières, telles qu’Aramco, BP, Shell, et d’autres, ont ainsi vu leurs bénéfices exploser, atteignant plus de 93 milliards de dollars depuis le début des hostilités, soit un rythme de 700 mille dollars par minute, selon une analyse du journal The Guardian.

Cette situation profite aux géants du secteur, qui affichent des capitalisations boursières en forte hausse depuis 2022. ExxonMobil, par exemple, a vu sa valeur augmenter de 63 %, tandis que Chevron et TotalEnergies ont enregistré des hausses respectives de 43 % et 40 %. Ces bénéfices sont souvent répercutés sur les consommateurs, notamment aux États-Unis, où le prix de l’essence a grimpé de 3 à 4 dollars le gallon, et en Europe, où il a dépassé les 2 euros le litre.

En Tunisie, bien que le carburant soit subventionné, les effets de cette flambée des prix se font sentir à travers un déficit énergétique croissant, qui a atteint 6.779 millions de dinars, soit une augmentation de 33 %. Le pays, déjà en proie à des difficultés économiques, voit sa balance des paiements se détériorer sous cette pression.

Les prévisions du FMI pour l’inflation mondiale sont alarmantes, avec une estimation de 4,7 % pour 2026, en hausse par rapport à 4,1 % en 2025. Cette situation est marquée par une incertitude croissante, sans perspectives claires de résolution des conflits, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les économies les plus vulnérables. Les tensions au Moyen-Orient pourraient encore aggraver la situation, rendant la conjoncture économique mondiale encore plus précaire.