
Budget économique 2027 : la Tunisie détermine ses priorités face aux incertitudes mondiales
La Tunisie a connu une progression de 2,4% de son produit intérieur brut (PIB) durant le premier semestre de l’année 2026, selon les informations divulguées lors d’un Conseil ministériel consacré à l’élaboration du budget économique pour 2027, dirigé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri. Cette croissance s’accompagne d’une amélioration de plusieurs indicateurs économiques, tels que l’inflation, le taux de chômage et les investissements directs étrangers.
Sarra Zaafrani Zenzri a souligné l’importance de faire du budget économique de 2027 un outil qui reflète les choix économiques et sociaux de l’État, tout en définissant les priorités nationales. Ce projet doit également s’aligner avec le Plan de développement 2026-2030 ainsi que les lois de finances et le budget de l’État pour 2027. Parmi les priorités identifiées, on retrouve le soutien à l’investissement, l’accélération des projets, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la compétitivité économique.
Les chiffres fournis par le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdel Hafidh, révèlent que le PIB a augmenté de 2,3% au deuxième trimestre 2026, avec une amélioration de 1,4% par rapport au premier trimestre. Les performances économiques varient selon les secteurs : l’agriculture a enregistré une hausse de production, notamment dans les filières des céréales et de l’huile d’olive, tandis que les industries mécaniques et électriques ont également montré de bons résultats grâce à leur potentiel d’exportation et de création d’emplois. Le secteur touristique a fait preuve de résilience, et les investissements directs étrangers ont connu une tendance positive.
Sur le plan macroéconomique, le gouvernement a noté une baisse de l’inflation et le maintien des réserves en devises à des niveaux jugés satisfaisants. Le marché de l’emploi continue de s’améliorer, avec un taux de chômage qui est passé de 15,3% l’année précédente à 14,9% cette année, poursuivant une tendance à la baisse amorcée depuis le premier trimestre 2025. Les investissements dans les énergies renouvelables affichent également une dynamique encourageante.
Cependant, l’élaboration du budget économique pour 2027 se déroule dans un contexte international incertain, marqué par un ralentissement de la croissance mondiale, des tensions géopolitiques et commerciales, ainsi qu’une volatilité des prix des matières premières. Samir Abdel Hafidh a souligné les pressions croissantes sur le commerce international, les investissements et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la prudence des politiques monétaires à l’échelle mondiale. Dans ce cadre, le gouvernement vise à renforcer la souveraineté économique, diversifier les sources de financement et soutenir la production.
Le Conseil ministériel a également mis l’accent sur la transformation numérique et technologique comme priorités pour 2027. Le gouvernement prévoit d’accélérer cette transformation, de soutenir la recherche et l’innovation, et de promouvoir l’émergence de nouvelles activités à forte valeur ajoutée. Sarra Zaafrani Zenzri a insisté sur la nécessité de faire avancer les projets publics et privés et de résoudre les dossiers d’investissement en attente. Les efforts doivent se concentrer sur les secteurs productifs capables de générer richesse et emplois, ainsi que sur les projets ayant un impact économique et social significatif.
La préparation du projet de budget économique pour 2027 devra donc se poursuivre en tenant compte des données économiques, sociales et financières actualisées, ainsi que des priorités du Plan de développement 2026-2030, qui devront être classées selon la maturité des projets, leur faisabilité, la disponibilité des financements et leur impact économique et social.
