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Guerre Israël-Gaza : l’armée israélienne admet avoir tiré sur la voiture de Hind Rajab, tuée à cinq ans en 2024

Selon les déclarations de l’armée israélienne, les soldats ont ouvert le feu sur un véhicule qui s’approchait d’eux, en violation des instructions données aux habitants de la région. Cette intervention a entraîné la mort de cinq passagers, tandis que deux autres, Hind Rajab et sa cousine Layan Hamada, ont survécu. Après que des secours ont été appelés, une ambulance du Croissant-Rouge palestinien a été dépêchée sur les lieux. Cependant, à son arrivée, un obus a été tiré en direction de l’ambulance, tuant les deux ambulanciers présents à bord. En raison de ces événements, l’armée a décidé d’ouvrir une enquête criminelle, évoquant des manquements dans la coordination des secours. Les corps des victimes, dont celui d’Hind Rajab, n’ont été retrouvés que dix jours plus tard, après le retrait des chars israéliens.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a souligné que l’ouverture de cette enquête criminelle prouve qu’Israël est une « démocratie respectueuse du droit » et qu’elle prend au sérieux les allégations de mauvaise conduite, en particulier dans le cadre de son conflit avec des groupes djihadistes. Cependant, la Fondation Hind Rajab, qui se consacre à documenter les violations des droits humains à Gaza, a exprimé son scepticisme quant à l’efficacité de l’enquête militaire israélienne, affirmant n’avoir « aucune confiance » dans le processus et avertissant que ces enquêtes ne doivent pas être considérées comme un véritable progrès vers la justice.

Par ailleurs, l’armée israélienne a également ouvert une enquête sur la mort de 15 Palestiniens en mars 2025, y compris des membres du personnel médical et un employé de l’ONU à Tal al-Sultan, dans le sud de la bande de Gaza. L’armée a reconnu avoir tiré sur des ambulances et des véhicules de secours jugés « suspects ». À l’époque, l’agence humanitaire de l’ONU, OCHA, avait rapporté que d’autres équipes de secours avaient été frappées après la mort des premiers secouristes, et que les corps avaient été retrouvés dans une fosse commune près de Rafah. Six des victimes auraient été identifiées comme membres du Hamas.

Concernant la mort de deux membres de Médecins sans frontières (MSF) à Khan Younès en février 2024, l’armée a décidé de recommander des « mesures disciplinaires » contre les soldats impliqués, ayant établi que le feu avait été ouvert sur un objectif militaire sans que les soldats ne sachent que le bâtiment était un site connu de MSF. En revanche, deux autres enquêtes concernant des frappes ayant causé la mort de deux employés de MSF en novembre 2023 et de sept employés de World Central Kitchen (WCK) en avril 2024 ont été closes, les enquêtes préliminaires concluant à l’absence de soupçons de comportement criminel.

Cette décision a suscité une réaction forte de la part de José Andrés, fondateur de WCK, qui a qualifié cette conclusion d' »injuste et douloureuse », affirmant que l’ONG estime que l’armée ne peut pas mener une enquête crédible sur sa propre conduite.