Tunisie

Bizerte étouffe sous le trafic : explosion du parc automobile et plan directeur incohérent

À Bizerte, comme dans de nombreuses grandes villes tunisiennes, la situation de la circulation est devenue insupportable. Les embouteillages incessants, le stationnement anarchique et les conflits entre automobilistes sont devenus des éléments du quotidien, transformant la vie urbaine en un véritable parcours du combattant. La situation s’est aggravée ces dernières années, notamment avec l’explosion du parc automobile entre 2025 et 2026, rendant urgente une révision complète de la mobilité urbaine.

La croissance rapide du nombre de véhicules en circulation a profondément perturbé l’équilibre des infrastructures urbaines. Les routes, initialement conçues pour un trafic bien inférieur, sont désormais saturées. De plus, l’absence de parkings publics et la rareté des solutions privées rendent la recherche d’une place de stationnement presque désespérée. Ce phénomène est exacerbé par un réseau de transport en commun qui ne répond pas aux besoins croissants des habitants, les poussant à privilégier l’utilisation de leur voiture pour des trajets courts, ce qui accentue encore la congestion et la pollution.

Le plan directeur de circulation censé réguler le trafic à Bizerte est largement critiqué pour son incohérence. Plutôt que d’apporter des solutions, il semble aggraver les problèmes existants, en créant des itinéraires illogiques et des zones de blocage supplémentaires. Aux heures de pointe, les automobilistes se retrouvent souvent sans aucune aide, les agents de circulation étant absents, et les feux tricolores défectueux ne font qu’ajouter au désordre ambiant. Ce climat de tension se manifeste par des altercations fréquentes entre usagers, témoignant d’une nervosité croissante.

La congestion routière à Bizerte, mais aussi dans d’autres villes tunisiennes, résulte d’un enchaînement de facteurs : l’augmentation du parc automobile entraîne une saturation des routes, l’inefficacité du transport public renforce la dépendance à la voiture, et le manque de places de stationnement favorise le stationnement sauvage. À cela s’ajoute un plan directeur mal conçu qui ne fait qu’ajouter à la confusion. La quasi-absence de régulation laisse les conducteurs livrés à eux-mêmes, transformant chaque déplacement en une épreuve.

Pour sortir de cette impasse, une approche globale est nécessaire. La priorité doit être donnée à l’amélioration des transports publics, avec la création de services modernes et fiables. Parallèlement, il est essentiel de développer des parkings structurés et accessibles. Une révision du plan directeur s’impose pour l’adapter aux réalités locales et faciliter les trajets. L’augmentation de la présence d’agents de circulation, la modernisation des feux et des sanctions contre le stationnement illégal sont également des mesures à envisager. Enfin, promouvoir des modes de transport doux et sensibiliser la population à des comportements plus responsables pourrait contribuer à réduire la pression sur les infrastructures urbaines.

La question de la circulation ne doit pas être considérée comme une fatalité. Elle reflète des choix collectifs et une politique urbaine à repenser. Sans une stratégie claire et efficace, les villes tunisiennes risquent de rester piégées dans un chaos routier qui nuit à la qualité de vie de leurs habitants et à l’économie locale.