Belgique

Cartes : êtes-vous proche d’une zone à risque d’incendies en Wallonie ?

Les récents incendies survenus dans les Hautes-Fagnes soulèvent une question cruciale : auraient-ils pu être anticipés ? Xavier Fettweis, climatologue à l’Université de Liège, insiste sur le fait que la Belgique n’était pas préparée à une telle éventualité. Selon lui, il avait déjà alerté les autorités sur les risques d’incendie, bien avant que la situation ne devienne critique. En 2021, lors d’une intervention au Parlement wallon, il avait prédit que les sécheresses et les incendies représenteraient un défi majeur, surpassant même les inondations.

L’année dernière, des chercheurs de l’ULiège ont élaboré une cartographie des zones à risque d’incendie, révélant que l’incendie de ce mois d’août s’est produit dans une des zones les plus vulnérables identifiées par l’étude. Cette cartographie, fondée sur des données de probabilité d’incendie en Belgique, a été réalisée par le groupe LEMA (Local Environment Management and Analysis) et s’appuie sur des recherches de l’Université de Gand datant de 2020.

Sur cette carte, les zones à risque très élevé sont indiquées en violet, tandis que le périmètre rouge délimite la zone touchée par le feu, comme l’a rapporté le Centre de crise le 16 août. Jacques Teller, professeur en urbanisme à l’ULiège, souligne la forte corrélation entre la façon dont l’incendie s’est propagé et les prévisions établies pour 2024.

En élargissant le regard sur la Wallonie, d’autres régions, notamment au nord de Mons et dans le sud, en Gaume, se trouvent également dans des zones à haut risque d’incendie. Cette cartographie, qui évalue la probabilité d’incendie des forêts selon quatre niveaux, a été élaborée dans le cadre d’une étude commandée par l’AWAC, l’Agence Wallonne de l’air et du Climat. Les seuils de risque ont été déterminés à partir de l’occupation des sols et des données historiques d’incendies.

Il est estimé qu’environ 30 % des ménages wallons vivent à moins de 200 mètres d’une zone à risque élevé ou moyennement élevé. Cette information est cruciale pour la planification et la prévention des incendies dans la région. Jacques Teller précise que cette carte peut servir de base pour des mesures de gestion, telles que la régulation de l’accès à ces espaces et l’adoption de pratiques de boisement adaptées pour diminuer les risques d’incendie.

Concernant les actions politiques à venir, la ministre wallonne du Climat, Catherine Neven, a récemment annoncé sur Matin Première qu’une vingtaine de mesures concrètes seraient mises en place d’ici la fin de l’année pour faire face aux conséquences du changement climatique. Ces mesures toucheront divers domaines, notamment l’aménagement du territoire et la protection des ressources naturelles, et nécessiteront des modifications législatives.

Catherine Neven a insisté sur le fait que ces mesures doivent être à la fois réalisables et financièrement viables, tout en maintenant l’adhésion des citoyens et des entreprises. Elle a souligné la complexité de l’action climatique et l’importance de ne pas perdre la confiance du public en proposant des solutions impraticables.