
Une championne du monde de powerlifting perd son titre à cause d’un pareur raciste.
« Rien ne me rendra ce que j’ai perdu », a déclaré Sonita Mulhu. Cette athlète belge se distingue dans le powerlifting, un sport peu connu du grand public, proche de l’haltérophilie. Ce qu’elle a potentiellement perdu : un nouveau titre mondial. Couronnée championne du monde en 2024, elle a tenté de réitérer cet exploit lors de la dernière édition qui s’est tenue en Lituanie. Cependant, les événements ne se sont pas déroulés comme prévu, comme elle l’a expliqué jeudi à la RTBF.
Alors qu’elle soulevait 334 kg, l’un des pareurs a mal positionné son genou, entraînant l’invalidation de sa performance. La présence de ces assistants est indispensable dans ce sport pour soutenir l’athlète en cas de problème.
Sonita Mulhu et son entraîneur ont alors sollicité le jury pour effectuer une nouvelle tentative. Cette demande a été refusée, bien que le règlement du powerlifting le permette. Déçue, la sportive a d’abord pensé qu’il ne s’agissait que d’une erreur. Convaincue de la bonne foi de l’assistant, elle a rapidement pris sa défense sur les réseaux sociaux.
Cependant, la situation a pris une tournure inattendue. Sous une vidéo où les internautes critiquaient son acte, l’assistant a commenté : « Je suis raciste, je l’ai fait exprès, bandes de demeurés. » Son geste était donc intentionnel. Sonita Mulhu a alors rapidement contacté la fédération, qui a suspendu l’homme à vie de la fédération lituanienne.
« Maintenant, je dois voir les choses autrement : quelqu’un a délibérément essayé de me faire du mal, déplore l’athlète. Et cela uniquement à cause de la couleur de ma peau. Et ça, ça m’a blessée d’une manière totalement différente. » Elle affirme avoir perdu des sponsors suite à sa défaite. De plus, son équipe et elle ont décidé de porter plainte auprès de la fédération belge de powerlifting concernant le refus de son deuxième essai.
L’instance a exprimé son soutien à la sportive. « La fédération est sous le choc, c’est la première fois qu’une telle chose arrive, a-t-elle réagi. Nous condamnons fermement tout acte raciste au sein de notre sport. » Elle a indiqué avoir contacté la fédération internationale ainsi que celle de Lituanie pour demander une « analyse profonde de la situation », d’autant plus que d’autres athlètes pourraient avoir été victimes de faits similaires.
L’IFP, la plus grande fédération de powerlifting, a également condamné les faits ainsi que le racisme dont a été victime Sonita Mulhu. Elle a également précisé qu’elle serait plus vigilante quant au profil des candidats engagés. Dans le cas de la sportive belge, il s’est avéré que le pareur lituanien ne cachait pas son adhésion aux idées d’extrême droite.
