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Tour de France 2026 : Paul Seixas, une présence indiscutable et prestigieuse

Paul Seixas participera au Tour de France l’été prochain, à 19 ans, après avoir annoncé sa participation dans une vidéo tournée dans la maison de ses grands-parents. L’ancien coureur Steve Chainel a exprimé que le Tour de France est « un truc de malade » et qu’il ne faut pas s’attendre à des performances extraordinaires d’un jeune coureur qui n’a jamais fait de course de trois semaines.

Il existait mille façons d’annoncer la nouvelle, mais Paul Seixas a choisi de le faire de manière touchante, avec une vidéo filmée dans la maison de ses grands-parents, se terminant par un câlin émouvant avec sa grand-mère Suzanne. Le prodige du cyclisme participera bien au Tour de France l’été prochain, à seulement 19 ans, et tenait à l’officialiser à l’endroit où tout a commencé pour lui. Comme si son parcours l’avait mené à ce moment clé : se présenter au départ de la plus grande course du monde, portant le poids de 40 ans d’attente sur ses épaules.

En vérité, Seixas demeure pour l’instant une promesse, aussi éclatante soit-elle. Il est difficile de demander au plus jeune coureur à s’aligner sur ce grand événement depuis 1937 de gagner tout de suite, surtout avec l’un des plus grands cyclistes de l’histoire à son meilleur niveau. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas atteindre le podium ni même le top 5 à Paris après trois semaines d’efforts qu’il n’a pas encore expérimentés. En revanche, on aurait pu éventuellement lui faire grief, lui et son équipe, de ne pas y aller dès cette année.

Les phénomènes de ce genre sont généralement destinés aux plus grandes compétitions de leur sport, c’est ainsi que cela fonctionne. Personne n’a dit à Victor Wembanyama de ne pas se présenter à la draft NBA parce qu’il était trop jeune, ou à Kylian Mbappé de ne pas participer à la Coupe du monde 2018 après seulement deux saisons complètes chez les professionnels. Voir Paul Seixas au Tour est une évidence, même si une attention particulière devra être portée sur ses performances après le grand départ donné à Barcelone, le 4 juillet.

« Le Tour de France, un truc de malade »

« Moi je n’en attends rien, juste une belle découverte, qu’il se fasse plaisir et qu’il soit bien présent le dernier dimanche sur les Champs-Élysées, à boucler son premier grand Tour », prêche Steve Chainel. L’ancien coureur, aujourd’hui consultant pour Eurosport, estime qu’il aurait été logique que le Lyonnais commence par le Giro ou la Vuelta avant de se frotter à la frénésie de la Grande Boucle. « Sur le plan sportif, il n’y a pas photo, c’est un coureur de grande classe », poursuit-il. « Cependant, il s’agit d’un jeune de 19 ans qui n’a jamais participé à une course de trois semaines, et le Tour de France, c’est quelque chose de colossal. Il faut le vivre pour s’en rendre compte. »

C’est précisément l’objectif. Dominique Serieys, le directeur de l’équipe Decathlon CMA CGM, évoque dans un communiqué publié ce lundi « une logique d’apprentissage » et une approche « avec beaucoup d’humilité ». On peut supposer que cela sera le leitmotiv de l’équipe, même si Seixas répète invariablement le même discours depuis qu’il est chez les grands l’an dernier. « L’âge n’est ni un frein ni une excuse », a-t-il déclaré dans ce même communiqué. « Ce n’est pas mon état d’esprit ni ma vision du cyclisme de m’aligner au Tour de France uniquement dans l’optique de découvrir. Je me sens prêt et j’aurai des objectifs ambitieux. »

Paul Seixas au coude à coude avec Tadej Pogacar au sommet de la côte de la Redoute, sur Liège-Bastogne-Liège.
Paul Seixas au coude à coude avec Tadej Pogacar au sommet de la côte de la Redoute, sur Liège-Bastogne-Liège. - Williams/SWpix.com/Shutterstock/SIPA

C’est cet aspect qui fait dire à Denis Troch que sa présence sur les routes du Tour sans attendre est tout à fait naturelle. Ce préparateur mental, qui a travaillé avec la FDJ de Marc Madiot pendant sept ans et s’occupe encore de cyclistes professionnels aujourd’hui, est impressionné par « le mélange d’insouciance et de force » du jeune coureur français. Il souligne déjà le chemin parcouru par ce dernier. Sa révélation lors des Mondiaux de Kigali en septembre dernier, sa troisième place au championnat d’Europe derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, sa manière de gérer le Tour du Pays basque, ainsi que sa résistance prolongée face au Slovène sur Liège-Bastogne-Liège sont autant de signes qui ne trompent pas.

« « Il est jeune, mais il a déjà passé des étapes et emmagasiné ce que j’appelle des anticorps mentaux, développe le spécialiste. On le voit à sa manière de s’exprimer après les courses, et ce qu’il réussit à faire à la suivante. À chaque fois qu’il monte une marche, il valide et il restitue instantanément son expérience. Il s’en sert pour construire durablement, pour avancer. » »

Attention aux traumas

L’ancien entraîneur en Ligue 1 et Ligue 2 assure que cette caractéristique est celle des champions. « Souvent, on voit des jeunes qui montent, mais qui ne savent pas vraiment comment ni pourquoi, reprend-il. Et arrivés au sommet, tout tangue parce qu’ils n’ont rien validé, et ça devient dangereux pour eux. Lui, il arrive à monter sans redescendre de deux ou trois marches, et il en a déduit qu’il pouvait envisager le Tour de France. C’est une belle démarche, digne des grands. »

La seule préoccupation, s’il doit y en avoir une, réside dans la gestion des périodes de faiblesse. « Il faut les anticiper, pour qu’ils ne se transforment pas en moments traumatisants pour l’avenir », conseille Troch. Autrement dit, il est crucial de ne pas se laisser consumer jour après jour jusqu’à exploser en vol.

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« C’est là toute la beauté mais aussi toute la cruauté de notre sport : on ne peut pas savoir comment son corps va réagir après 15 jours de course, conclut Chainel. Oui, c’est une pépite, oui, c’est peut-être le futur Bernard Hinault, mais aujourd’hui il est impossible de dire si oui ou non ce sera un Tour réussi, s’il va faire top 5, top 10 ou top 20. Mais il va le découvrir et c’est excitant. » Des millions de curieux seront là pour l’accompagner, mamie Suzanne en tête de cordée.