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Tour de France 2026 : Lenny Martinez a-t-il joué au « con » à l’Alpe d’Huez ?

Un gâchis monumental, un sabordage en règle, une stratégie désordonnée, les mots manquent pour qualifier l’attitude de Lenny Martinez sur la montée finale de l’Alpe d’Huez, alors qu’il avait toutes les cartes en main pour remporter cette étape mythique et ouvrir le compteur tricolore sur le Tour de France, à deux jours de l’arrivée à Paris.

Un scénario parfait jusqu’au pied de l’Alpe d’Huez. Le leader français de Bahrein, déjà affublé d’une réputation peu flatteuse dans le peloton, celle d’un bluffeur un peu vicieux qui ne joue jamais franc-jeu, a manqué de respect au vélo, et il a été puni pour son attentisme. Certes, il se classe cinquième au classement général, juste derrière Paul Seixas, et cela confirme qu’il a les épaules d’un coureur de grand tour, mais cela ne peut constituer qu’une maigre consolation au regard du déroulement de la journée.

Lenny Martinez avait eu l’intelligence, en début d’étape, de se placer dans une échappée royale, dans laquelle l’équipe Lidl Trek roulait à bloc pour assurer le maillot vert de Pedersen, au détriment de ses deux leaders pour le général, Ayuso et Skjelmose, classés juste devant le Français. Une course d’équipe aussi désastreuse que ce que proposait la Movistar à son apogée, permettant à Martinez d’aborder la montée de l’Alpe d’Huez avec 3 minutes 30 d’avance sur le groupe des favoris, un matelas considérable quand on peut compter sur l’aide de Carapaz ou de Kuss avant de se disputer la victoire d’étape entre hommes.

L’Équatorien, vainqueur la veille, a fait sa part de travail, avant de constater la même chose que nous : à savoir que Martinez avait des jambes de feu, mais qu’il préférait faire croire le contraire, se contentant de suivre les roues à chaque attaque sans jamais accélérer ni proposer un relais digne de ce nom. Une stratégie difficilement compréhensible alors que, dans le même temps, Pogaçar avait mis en route la locomotive pour ajouter l’Alpe d’Huez à ses victoires légendaires.

Il y avait un écart conséquent à combler, même pour le génie slovène, et il ne serait sans doute pas revenu si Martinez n’avait pas complètement ruiné l’entente des trois de devant, ou alors beaucoup plus tard, ce qui aurait empêché le maillot jaune de porter une attaque décisive sous la flamme rouge. Là encore, Martinez payait son style de coureur attentiste, coincé en dernière position dans la roue de Carapaz alors qu’il avait jusque-là réussi à s’accrocher à celle de Pogaçar.

L’autre grand espoir tricolore, âgé de 23 ans, pouvait bien régler Carapaz au sprint pour la deuxième place et taper sur son guidon de rage, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. D’ailleurs, Carapaz, un seigneur de ce sport déjà vainqueur d’un grand Tour, ne mâchait pas ses mots à l’arrivée, l’air un peu blasé : « Il m’a coupé la route sur le dernier virage, bon, disons que c’était discourtois. Finir 2e ou 3e, ça ne changeait pas grand-chose pour moi, mais un coureur qui ne collabore pas et qui coupe la route dans le dernier virage… c’est comme ça. »

Le pire ? Lenny Martinez n’avait pas l’air de regretter le moins du monde le déroulement de la course : « C’était un bon coup d’avance à prendre. Ça faisait pas mal d’étapes que je ruminais un peu parce qu’il y avait des mecs du top 10 qui prenaient l’échappée et pas moi, on ne me laissait pas trop sortir. Le groupe m’a emmené loin, j’ai pensé à la victoire juste à la fin. Deuxième, c’est beau mais Tadej était vraiment le plus fort. » Surtout quand on lui offre une remontada sur un plateau, Lenny.