
Tadej Pogacar a-t-il déjà plié la Vuelta 2026 avant l’arrivée en Espagne ?
Le 31 juillet dernier, Tadej Pogacar a fait sensation en s’essayant au monocycle lors du Pogi Challenge, un événement qui s’est tenu à Komenda, sa ville natale. Cette performance ludique pourrait sembler anecdotique, mais elle soulève la question de l’avenir du cyclisme, notamment en ce qui concerne la compétition entre les grands noms du peloton. En attendant que l’Union Cycliste Internationale envisage des formats plus audacieux, les amateurs de cyclisme continueront d’observer Pogacar dominer les courses, à l’exception de ses duels avec Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert sur les pavés du nord de la France, ou encore Remco Evenepoel en contre-la-montre.
La prochaine étape pour le Slovène sera la Vuelta, dont le coup d’envoi sera donné à Monaco, un lieu qui n’est pas étranger à son histoire. Ce choix de départ témoigne de son désir de conquérir un nouveau défi de trois semaines, bien que son ambition de réaliser le Grand Chelem soit déjà une motivation suffisante. « Le Tour d’Espagne est un objectif qui manque dans ma carrière », a déclaré Pogacar, soulignant son engagement à donner le meilleur de lui-même pour remporter cette course. « Remporter les trois grands Tours est un rêve que je poursuis depuis plusieurs années. »
Concernant sa condition physique, Pogacar semble serein. Malgré la proximité de la Vuelta avec le Tour de France, il a affirmé avoir eu « assez de temps pour récupérer ». Les autres coureurs, tels que Skjelmose, Carapaz et Kuss, devront également composer avec la fatigue accumulée, tout comme son principal concurrent, Felix Gall, qui a récemment terminé le Tour d’Italie, tandis que Primoz Roglic a dû faire face à des complications après un accident de voiture fin juillet.
Les experts s’interrogent sur la stratégie de Pogacar pour cette Vuelta. Steve Chainel, consultant pour Eurosport, estime qu’il serait dans son intérêt de « casser la course le plus rapidement possible » afin de gérer la suite de la compétition. Cette approche pourrait lui permettre de se concentrer sur son objectif principal : décrocher un troisième titre de champion du monde. L’ancien champion de France, Anthony Roux, abonde dans ce sens, précisant que la Vuelta représente une excellente préparation pour les championnats du monde.
La question demeure : où Pogacar parviendra-t-il à prendre de l’avance lors des quatre premières étapes ? Les pronostics varient, certains pariant sur des gains quotidiens jusqu’à l’arrivée à Andorre, tandis que d’autres estiment que seules deux étapes offriront de réelles opportunités de creuser l’écart.
Pour la première étape, un prologue de 9,5 km à Monaco, il est peu probable que Pogacar puisse établir un écart significatif, bien que Felix Gall pourrait être en difficulté. La deuxième étape, longue de 214 km, présente un parcours exigeant sans véritable plat, idéal pour grappiller quelques secondes. La troisième étape, avec ses 167 km, pourrait offrir à Pogacar une occasion de s’échapper, tandis que la quatrième étape, particulièrement difficile avec plusieurs ascensions, pourrait être le moment clé pour lui de prendre l’ascendant sur ses rivaux.
Les experts prévoient qu’après ces quatre étapes, Pogacar pourrait avoir une avance estimée entre 2 minutes 30 et 5 minutes sur ses concurrents. Une fois cette première phase réussie, son équipe pourrait alors envisager de placer un second coureur sur le podium, comme cela avait été le cas lors du Tour de France. La présence de Pogacar dans cette Vuelta a déjà eu un impact sur la concurrence, comme en témoigne Lorenzo Fortunato, qui a déclaré : « Quand Tadej attaquera, je préfère faire demi-tour. » Avec l’appétit insatiable du Slovène, il se pourrait que l’on attende encore un moment avant de le voir en compétition sur le sol espagnol.
