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Sélections des jeunes : Ne pas se tromper de profil

La Fédération tunisienne de football devrait faire appel à des techniciens ayant accumulé une expérience précieuse pour mettre en place un projet. Il est noté que ce métier de sélectionneur est souvent ingrat, même lorsque les statistiques montrent que le travail est fait.

La Presse — Il n’est pas habituel pour nous de citer des noms, notamment en ce qui concerne le choix d’un sélectionneur pour une équipe nationale. Cela pour trois raisons : premièrement, même si nous avons une opinion sur le sujet, ce n’est pas notre rôle. Deuxièmement, il est courant que pour ces catégories, on choisisse quelqu’un qui soit « sympathique » aux yeux de tous, sans tenir compte véritablement de ses compétences ou de son expérience.

Troisièmement, pour les catégories jeunes, il n’existe en réalité pas de projet concret qui pourrait séduire et intéresser un professionnel qualifié.

Concernant notre équipe nationale senior, nous avons affirmé qu’elle aurait besoin d’un sélectionneur – formateur. Cela est justifié par le fait que le profil de cette nouvelle génération, qui a pris le relais grâce à Sabri Lamouchi, nécessite un entraîneur capable d’indiquer la voie et de préparer un groupe pour un engagement à long terme.

D’autant plus pour les sélections U17, U19, l’équipe olympique, etc., dont les membres proviennent de divers horizons, d’écoles différentes, et qui se retrouvent du jour au lendemain ravis de jouer ensemble sous la bannière de leur pays.

Des entraîneurs professionnels ayant prouvé leur compétence sont disponibles dans le pays. Ils ont réussi là où ils ont été engagés. Et si, parfois, il y a séparation, ce n’est pas en raison de leurs capacités ou de la qualité de leur travail. Une équipe est un ensemble d’individus qu’il faut harmoniser, ce qui demande du temps. Comme la patience du public n’est pas toujours au rendez-vous, la première réaction des dirigeants en cas de problème est souvent de remplacer l’entraîneur, qui devient le fusible.

Métier ingrat

On peut donc dire que ce métier est ingrat. Même lorsqu’on est en tête et que les statistiques montrent que le travail est fait, on trouve un moyen de remercier un technicien “parce que le jeu de l’équipe n’est pas convaincant”. Pourtant, un titre se gagne et ne se joue pas.

La Fédération tunisienne de football aurait intérêt à faire appel à l’un de ces techniciens qui ont acquis une expérience significative à travers leurs parcours. Des techniciens ayant évolué à haut niveau, entraîné des équipes pour gagner des titres nationaux ou continentaux, et qui, surtout, disposent d’une profondeur de réflexion pour élaborer un projet.

Un projet qui permettrait à ces sélections de jeunes de devenir une véritable antichambre de l’équipe première. Cela nous semble un argument suffisant pour convaincre ces techniciens, qui ont fait leur nom, de se lancer dans cette aventure et d’opter pour un projet solide.

À moins de penser que le métier de sélectionneur est simplement un moyen de relancer, pour une raison ou une autre, un technicien docile, gentil, obéissant, et facile à convaincre, en le sortant d’une boîte à archives.

Ce raisonnement s’applique à toutes les disciplines sportives.