France

Pompiers : rémunération des professionnels et volontaires pour sauver des vies.

Ils ont perdu la vie dans la nuit de lundi à mardi en tentant d’éteindre un incendie à Mérignac, près de Bordeaux. Après le décès de deux sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles, la communauté des pompiers est en deuil. Elle exprime également sa colère alors que les incendies se multiplient cet été aux quatre coins de la France. Depuis longtemps, les pompiers dénoncent le manque de moyens et d’effectifs pour faire face à des interventions en constante augmentation. Lors de manifestations, comme celle de janvier, les revendications portent aussi sur les salaires.

Concernant les salaires, bien qu’ils portent tous le même uniforme, la rémunération d’un pompier varie considérablement selon son statut, son grade et son ancienneté. Pour les 44 000 sapeurs-pompiers professionnels, le salaire est calculé sur la base d’une grille indiciaire de la fonction publique territoriale. Ainsi, le salaire d’un caporal, premier grade chez les pompiers, débute à 1 806 euros bruts par mois et peut atteindre 2 092 euros bruts au douzième et dernier échelon. Pour le grade de sergent, la rémunération se situe entre 1 821 et 2 370 euros, tandis que pour le grade d’adjudant, elle varie entre 1 880 et 2 450 euros bruts.

Pour les grades d’officiers supérieurs, qui relèvent de la catégorie A, les salaires sont nettement plus élevés. Ils se situent entre 2 100 et 3 200 euros bruts mensuels pour un capitaine, entre 2 400 et 3 500 euros pour un commandant, entre 2 800 et 4 000 euros pour un lieutenant-colonel, et entre 3 500 et 5 000 euros pour un colonel. À cela s’ajoutent des primes, comme l’indemnité de feu, la plus importante, qui équivaut à 25 % du traitement indiciaire brut, ainsi que l’indemnité de responsabilité, qui varie selon le grade et les fonctions exercées, ou des indemnités de logement si le pompier n’est pas logé à la caserne.

Les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires, en revanche, ne perçoivent pas un salaire, mais une indemnisation. Le 17 novembre 2025, un arrêté a revalorisé le montant de leur indemnité horaire de base. Lorsqu’ils sont en intervention, le taux horaire est de 8,71 euros pour un sapeur, de 9,35 euros pour un caporal, de 10,55 euros pour un sous-officier et de 13,11 euros pour un officier. Pour les gardes en caserne, cela varie entre 35 % et 75 % du taux horaire de base, et en cas d’astreinte à domicile, le plafond légal est fixé jusqu’à 9 % du taux horaire de base. « Mais suivant les services départementaux d’incendie et de secours, les indemnisations peuvent varier », souligne Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France.

Bien que l’argent ne soit pas la motivation principale pour beaucoup, certains pompiers volontaires disponibles peuvent gagner plusieurs centaines d’euros par mois. « Quand on peut toucher un complément de 300, 400 ou 500 euros à la fin du mois, ce n’est pas négligeable », estime Bruno Ménard, qui a pu atteindre « jusqu’à 800 euros » certains mois lorsqu’il était encore volontaire. « Mais je ne faisais pas ça pour l’aspect financier, car je touchais déjà un salaire très confortable en tant qu’entrepreneur », assure-t-il.