Roland-Garros 2026 : l’amour grandissant de Novak Djokovic pour la France
Antoine Arnault a salué la chorégraphie lors de Roland-Garros en ajoutant en légende que « Paris aime les grands champions ». Novak Djokovic, qui s’est imposé pour la première fois à Roland-Garros en 2016, a exprimé son attachement pour la France, déclarant avoir « une image positive de la France » depuis ses 11 ans.
À Roland-Garros,
Les petits pas de danse ont eu leur impact. Même Antoine Arnault, fils d’un des hommes les plus riches du pays, a salué la chorégraphie sur X, ajoutant en légende que « Paris aime les grands champions ». Novak Djokovic, qui affronte Joao Fonseca ce vendredi au troisième tour de Roland-Garros, est bien évidemment l’un de ces champions. Cela fait longtemps que cette reconnaissance est acquise. Et au fil des ans, la ville lumière s’est aussi attachée à lui.

Le Serbe a une affection particulière pour la France. Il en parlait dans une interview au Parisien il y a quelques années : « Avant même que je mette un pied chez vous, j’avais déjà une image positive de la France. Il y a une longue tradition d’amitié entre nos pays. Quand je suis venu pour la première fois, à 11 ans, pour jouer le tournoi international de Tarbes, j’ai adoré votre pays tout autant que les gens. » Et cela, c’était avant qu’il ne remporte enfin son premier titre à Roland.
Le Grand Chelem parisien était le dernier à lui échapper. Après trois finales perdues, dont une face à Stan Wawrinka où beaucoup pensaient que ce serait enfin la bonne, la délivrance est survenue en 2016. Cela a scellé un lien qui n’a fait que se renforcer, culminant avec l’apothéose de 2024. En battant Carlos Alcaraz en finale des Jeux olympiques, le Serbe a définitivement atteint son but. Il fallait le voir dans les minutes suivant la balle de match ce jour-là. Ses mains tremblantes, les larmes coulant le long de ses joues, Nole a vécu de son propre aveu « la plus grande émotion » de sa carrière.
« Il a compris le caractère des Français »
Des mots lourds de sens, venant d’un homme qui a remporté 24 tournois du Grand Chelem. Ils laissent entrevoir la place qu’il garde précieusement pour notre pays. À l’écouter, tout ici lui plaît – sauf le public qui crie au moment où il s’apprête à servir. Mais il pardonne rapidement, car il se retrouve dans ce caractère parfois audacieux mais finalement sincère.
« C’est quelqu’un de très honnête. Et je pense qu’il apprécie ça aussi chez nous », souligne Julie Soyer, une de ses plus grandes admiratrices, qui a eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises. « Il a compris le caractère des Français, qui râlent un peu, qui ont pu être injustes avec lui par le passé, mais qui sont aussi capables d’aimer beaucoup. Il apprécie quand on est direct, et ça c’est très Français. »
Le maillot des Bleus en 2006
Cette professeure de 36 ans, expatriée à Londres depuis quelques années, est tombée amoureuse de Nole en 2006. Opposé à Rafael Nadal en quart de finale, le Serbe avait abandonné après deux sets. Les commentateurs n’avaient pas été très gentils avec ce presque inconnu de 19 ans, 63e joueur mondial, qui avait osé ne pas terminer son match face au tenant du titre. Juste après, elle avait entendu Djokovic déclarer que Nadal, qui venait d’enchaîner sa 57e victoire sur terre battue, n’était pas imbattable. En train de réviser son bac français, elle avait alors relevé la tête pour l’écouter de plus près.
« C’est ce mélange d’ambition et d’arrogance… Je ne sais pas pourquoi, ça m’a parlé tout de suite », raconte-t-elle aujourd’hui. « Je me revois aller dans la chambre d’amis et allumer l’ordinateur pour faire des recherches sur lui, et voilà, c’était parti. » Un autre détail a également joué un rôle : « Il portait le maillot de la France ». Vraiment ? Après vérification, c’est exact. En pleine Coupe du monde de football en Allemagne, Djoko était apparu devant les médias avec le maillot des Bleus de Zidane sur lui. La connexion était déjà présente.

Dix ans plus tard, Julie a enfin rencontré son idole et, peu à peu, une vraie relation s’est établie entre eux. Il faut dire que la jeune femme passait ses vacances à voyager partout pour le voir jouer, et avec ses cheveux teintés en rouge, elle ne passait pas inaperçue. Bien qu’elle ne parlait pas spécialement avec lui de son amour pour la France, elle témoigne que le Serbe était très curieux de la langue de Molière :
« Une fois, à Belgrade, je lui ai fait une mini-leçon parce qu’il ne comprenait pas la différence entre l’utilisation du passé composé et de l’imparfait. C’est un linguiste, il adore ça. Il est toujours curieux de comprendre. »
L’année dernière, présente lors de ses trois premiers matchs à Roland, elle lui avait fait remarquer, après avoir entendu deux fois une erreur dans ses discours d’après-match, qu’on ne disait pas « spécialement » mais « surtout ». Lors de son troisième match, il avait retenu la leçon. « Il dit toujours « la family » aussi, mais « la famille », c’est un peu difficile pour lui », relève-t-elle en riant.
Julie a donc contribué aux progrès de Djokovic dans notre langue. Le Serbe, résident monégasque depuis 2007, ambassadeur de la marque patrimoniale Lacoste depuis 2017, est désormais largement capable de tenir une conversation assez longue, comme il l’a prouvé mercredi dans l’émission « Quotidien ».
Et il a de plus en plus d’occasions de pratiquer. Par exemple, lorsqu’il félicite les joueurs du Mans après leur promotion en Ligue 1. En effet, depuis quelques semaines, l’actuel numéro 4 mondial fait partie, avec l’ancien pilote de F1 Felipe Massa et le gardien du Real Madrid Thibaut Courtois, des investisseurs devenus actionnaires majoritaires du club sarthois, par l’intermédiaire du fonds d’investissement brésilien Outfield.
Il ne s’est pas engagé par amour des rillettes, mais parce qu’il connaît bien Georgios Frangulis, partenaire de la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka et PDG d’Oakbery, qui s’est associé à OutField pour réaliser l’opération. Toutefois, comme à chaque fois qu’il explore quelque chose, le Serbe est pleinement investi. « C’est un beau projet pour moi parce que je sais que Le Mans a une belle histoire, Didier Drogba a joué dans ce club », a expliqué l’intéressé dans l’émission de Yann Barthès. « Il y avait une bonne chance d’arriver en première division, ils l’ont fait dès cette saison, je suis très heureux pour le club. »

« Novak est passionné de foot, il suit nos matchs et son enthousiasme n’est pas une façade », a assuré le président du MFC Thierry Gomez dans L’Equipe, en mars. On veut bien le croire. C’est un peu comme quand il va jouer à la pétanque dans le bois de Boulogne pendant un tournoi, en 2024. Juste pour le plaisir et l’ambiance. « Novak n’est pas du genre à faire des choses pour se montrer, reprend Julie. Il aime Paris, sa culture. Vu sa personnalité, c’est évident que c’est un type de ville où il se sent à l’aise. »
Il a même désormais son restaurant préféré. Le Siena, un établissement italien situé place du Marché Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement, est l’adresse favorite du Serbe lorsqu’il vient à Paris. C’est là qu’il avait notamment célébré son titre olympique, dansant jusque tard dans la nuit. En partant, il avait dit au propriétaire, Mehdi Abdelhedi, qu’il considérait ce lieu « comme son porte-bonheur ».
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Peut-être y est-il allé depuis son arrivée à Paris, la semaine dernière. En effet, la défaite surprise de Jannik Sinner jeudi, combinée au forfait de Carlos Alcaraz, lui ouvre des perspectives inespérées pour un potentiel 25e titre en Majeur. Si cela devait se produire, à 39 ans et avec tous les problèmes de santé accumulés ces derniers mois, on pourrait même lui proposer une destination en France où il n’est, à notre connaissance, jamais allé : Lourdes, la ville des miracles.

