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L’antidopage pousse à bout : « J’ai apprécié ne plus subir ces conneries »

L’agence anti-dopage s’est présentée à 2 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche aux portes des chambres de Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard pour un contrôle inopiné. Jonas Vingegaard a quitté la compétition après une chute et une fracture de la clavicule.


En France, la police attend même 6 heures du matin pour réveiller les gens dans leur lit. En revanche, lors du Tour de France, l’agence anti-dopage s’est présentée à 2 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, devant les chambres de Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard pour un contrôle inopiné des deux leaders de la compétition.

Suite à une chute subie ce dimanche, qui lui a causé une fracture de la clavicule, Jonas Vingegaard a quitté la course. L’athlète danois a choisi de ne pas critiquer l’agence responsable de l’intégrité d’un sport trop souvent entaché par des scandales de dopage. Il a déclaré au média belge « DH Les Sports » : « Il est clair qu’une telle chose ne sert à rien. Mais est-ce la raison de ma chute ? Aucune idée. Peut-être, mais je n’oserais pas le dire. Je ne veux pas non plus l’attribuer à cela. C’est une course, et les accidents y sont inévitables. »

Bien que ces contrôles soient inévitables et manifestement nécessaires compte tenu des affaires passées (Festina, Armstrong…), leur fréquence et la demande faite aux athlètes de se rendre disponibles en permanence pour les agences anti-dopage agacent parfois. Le coureur de 5.000 mètres Simon Bédard confiait l’été dernier à Ouest France : « Tu peux devenir un peu parano. » Il évoquait ainsi l’obligation pour les athlètes d’informer les agences anti-dopage de leur localisation à tout moment via le logiciel Adams, afin de permettre des contrôles inopinés.

« Cela peut être pendant l’entraînement, les courses, les déplacements, à l’hôtel. À tout moment. N’importe où. La seule certitude, c’est ce créneau de 60 minutes que vous avez enregistré dans Adams, même si des contrôles en dehors de cette plage horaire peuvent être organisés, mais alors si vous n’êtes pas présent cela ne comptera pas comme un test manqué », expliquait il y a huit mois sur Reddit un jeune coureur cycliste américain.

Ces contrôles touchent toutes les disciplines sportives, suscitant parfois l’incompréhension chez des athlètes de sports moins médiatisés. Un rameur ayant fait carrière dans l’aviron au début des années 2000 se remémore sur Reddit : « Les contrôles en compétition, ça allait de soi, mais ils débarquaient chez nous, au boulot, n’importe où. »

Il ajoutait : « Avec le dopage effréné dans le cyclisme qui faisait la une des journaux, on aurait dit que l’USADA voulait gonfler ses chiffres avec autant de contrôles négatifs qu’elle pouvait en trouver. Vous savez où trouver des résultats négatifs ? Dans les sports où il n’y a pas d’argent. Du coup, on contrôlait les rameurs tout le temps. » Pour conclure : « L’un des avantages que j’ai le plus appréciés quand j’ai raccroché les rames, c’est de ne plus avoir à subir ces conneries. »