
Ibrahim El Asri, défi de reconstruction au Wydad
Élu mardi 21 juillet 2026 à l’issue d’une Assemblée générale ordinaire et élective, Ibrahim El Asri a pour mission de redonner un cap sportif à un club valorisé à plus d’un milliard de dirhams, tout en faisant face à une situation financière tendue.
Affirmer qu’Ibrahim El Asri a du pain sur la planche est un doux euphémisme. Élu mardi 21 juillet 2026 à Casablanca, le nouveau président de l’Association sportive du Wydad Athletic Club doit désormais relever le défi de remettre sur les rails une institution qui a perdu de sa superbe.
Le nouvel homme fort du WAC a remporté le second tour face à Yassine Saadallah avec un score de 72 voix contre 56, après un premier tour fatal pour le troisième candidat, Anas Korami.
Cependant, cette victoire ne constitue pas une fin en soi. Elle marque surtout le début d’un chantier colossal, car Hicham Aït Menna laisse derrière lui un héritage loin d’être irréprochable, tant sur le plan sportif que financier.
Le nouveau président n’a pas encore eu l’occasion de détailler sa vision ni les contours de son projet. Toutefois, il sera rapidement attendu sur le dossier prioritaire de la politique sportive du club.
Le Wydad a connu une saison moyenne, sans qualification continentale, se classant cinquième. Cette situation est anormale pour une institution habituée aux sommets et qui ne peut se permettre de revoir ses ambitions à la baisse, sous la pression populaire.
Les premiers choix d’Ibrahim El Asri seront donc scrutés de près, notamment celui de l’entraîneur et l’orientation qu’il donnera au mercato. Choisira-t-il de renforcer massivement l’effectif, au risque de fragiliser davantage des finances déjà sous pression ? Ou optera-t-il pour un modèle moins onéreux et plus tourné vers les jeunes, tout en risquant une contestation en cas de nouvelle saison blanche ?
Outre ces considérations sportives, la nouvelle équipe dirigeante devra également s’attaquer à l’assainissement de la situation financière du club, valorisé à 1 milliard et 40 millions de dirhams selon Hicham Aït Menna.
Cette mission est d’autant plus délicate que le rapport financier présenté lors de l’Assemblée générale a été rejeté par les adhérents. Ce document fait pourtant état d’un excédent de 2,3 millions de dirhams pour l’Association, en progression de 38,9 % par rapport à l’exercice précédent. Les fonds associatifs atteignent 59,1 millions de dirhams et aucune dette de financement n’y figure.
Le véritable point de tension se situe toutefois au niveau de la Société Anonyme Sportive, qui gère l’activité du football professionnel. La SAS affiche notamment près de 41 millions de dirhams de dettes envers d’autres clubs au titre des transferts.
À cela s’ajoutent 30,75 millions de dirhams dus au personnel, répartis entre 18,8 millions de primes de signature, 7,5 millions correspondant aux salaires des mois de mai et juin, et 4,45 millions de primes de rendement. De plus, la gouvernance de la SAS entre dans une période de transition.
« Le comité qui sera élu devra reprendre la société. Mais cette transition devrait prendre au moins un mois. Entre-temps, il faudra verser les salaires des joueurs et signer les contrats en cas de nouvelles recrues », a expliqué Hicham Aït Menna.
Le président sortant a précisé qu’il ne signerait aucune procuration. « Je continuerai à être le signataire, mais uniquement sur demande écrite du comité qui sera élu », a-t-il ajouté.
Reste à savoir si la nouvelle direction saura sortir le Wydad de cette zone de turbulences. Car au-delà de l’identité du président, c’est bien le modèle sportif, économique et institutionnel du club qui doit être repensé.
