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Coupe du monde : Le projet terrifiant d’Infantino pour vendre la compétition à des investisseurs privés.

Installez-vous confortablement et préparez-vous à embarquer dans un projet audacieux proposé par Gianni Infantino. Alors que la Coupe du monde 2026 vient de se terminer, le président de la FIFA envisage de vendre des parts de cette prestigieuse compétition à des investisseurs privés, promettant ainsi des revenus accrus pour les Fédérations, mais également pour lui-même et son entourage proche de Donald Trump. Voici un point sur ce dossier qui suscite de vives réactions.

L’information a été divulguée par le quotidien britannique The Times mardi, puis confirmée par la FIFA quelques heures plus tard. En résumé, Infantino envisage de céder des parts de la Coupe du monde à des investisseurs extérieurs, en créant une société qui gérerait toutes les activités commerciales liées à la compétition, telles que la diffusion, le sponsoring, la billetterie et l’octroi de licences.

Cette société serait nommée « FIFA Forward Enterprise (FFE) », selon le communiqué de l’instance. Lors de sa conférence de presse d’ouverture du Mondial le mois dernier, Infantino avait déjà probablement en tête ce projet, qu’il doit encore soumettre à l’approbation du Conseil de la FIFA, qui reste sous l’influence du président.

La FFE « lèverait 4,2 milliards de dollars » dès cette année (soit 3,7 milliards d’euros), et « tous ses bénéfices nets seront réinvestis dans le football », assure la FIFA. Pour faire passer cette initiative, la FIFA promet aux Fédérations membres des retombées économiques via un nouveau mécanisme de financement, le FIFA Fast Forward Programme (FFFP).

Les 211 associations affiliées recevraient 20 millions de dollars immédiatement, avec une augmentation de leurs revenus prévue chaque année. La FIFA espère ainsi générer plus de 10 milliards de dollars (8,8 milliards d’euros) au cours des quatre prochaines années pour financer le développement du football, contre environ 2,7 milliards de dollars (2,37 milliards d’euros) initialement prévus pour la période 2027-2030.

C’est ici que la situation devient intéressante. Après les nombreuses controverses concernant l’influence d’Infantino – et par son intermédiaire, celle de Donald Trump et de son administration pendant la Coupe du monde – le dirigeant suisse propose un plan qui profiterait principalement à l’entourage très proche du président américain. Pour mener à bien ce projet, la FIFA collabore avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Cette société devrait diriger le groupe d’investisseurs potentiels pour la FFE, en bénéficiant ainsi des plus gros revenus.

De plus, selon le Times, Infantino aurait déjà obtenu de Kushner qu’il soit nommé directeur général de la FFE en 2031, à l’issue de son dernier mandat à la FIFA, s’il est réélu l’année prochaine. Cela lui garantirait des revenus personnels considérablement augmentés, d’autant qu’il a prévu d’étendre la Coupe du monde à 64 équipes, ce qui entraînerait 128 matchs au lieu de 104 cette année, générant ainsi encore plus de revenus. Cela l’intéresserait probablement davantage que l’ONU.

Les réactions à cette annonce sont très variées. Certaines Fédérations pourraient soutenir cette initiative, car elle leur promet davantage de fonds. Cependant, la majorité des réactions critiques soulignent les implications pour l’avenir du football : un sport fragmenté, devenu la propriété de quelques individus cherchant à en maximiser les profits, sans considération pour le jeu et les millions de fans à travers le monde. Voici quelques-unes des principales réactions.

L’UEFA a déclaré : « Ça franchit une ligne que les institutions gouvernant le football ne devraient jamais franchir. L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans aucune transparence sur la destination des bénéfices financiers. Aucun d’entre nous n’est le propriétaire du football. Ce n’est pas à la FIFA de le vendre. »

Javier Tebas, président de la Ligue espagnole, a affirmé : « Ça ne ressemble pas à une réforme. Ça ressemble à une campagne électorale financée avec l’avenir du football. Le développement ne peut pas être utilisé pour acheter des voix ni des silences. Les compétitions et les droits commerciaux de la FIFA ne sont pas le patrimoine personnel d’Infantino. Celui qui mélange politique, discipline, argent et pouvoir sans transparence ne peut rien diriger. Infantino n’est pas la solution à la gouvernance de la FIFA, il est le problème. »

Andy Burnham, Premier ministre anglais, a ajouté : « Le football n’appartient pas aux investisseurs. Il appartient aux personnes qui remplissent les tribunes et qui se tiennent sur la ligne de touche semaine après semaine, sous la pluie ou le beau temps. La Coupe du monde n’est pas un produit. C’est la plus grande compétition du sport mondial, et elle n’a jamais appartenu à personne pour être vendue. Embellissez l’affaire comme vous voulez. Une fois que vous en avez vendu une partie, vous avez trahi. »

Philippe Diallo, président de la FFF, a déclaré : « C’est un projet sur lequel nous n’avons aucun détail et qui soulève beaucoup d’interrogations, sans que les membres que nous sommes n’aient été associés, alors que ces sujets sont fondamentaux pour l’avenir du football. Il y a des choses sur lesquelles il faudra certainement revenir, discuter avec peut-être des processus de décision un peu plus transparents dans lesquels des nations comme la France, qui est une des grandes nations de football, soient plus impliquées. »

Sepp Blatter, ancien président de la FIFA, a conclu : « La relation étroite entre le président de la FIFA et le président des États-Unis a atteint une dimension financière qui nuit profondément au football. Personne n’a le droit de vendre notre sport. »