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Coupe du monde 2026 : Tunisie ne sait plus où aller après Lamouchi.

Hervé Renard remplace Sabri Lamouchi sur le banc de la Tunisie après la lourde défaite inaugurale des Aigles de Carthage contre la Suède lors de la première journée de la phase de poules de la Coupe du monde 2026. La Fédération tunisienne de football a donc estimé que cette rédemption aurait plus de chances d’arriver avec Hervé Renard sur le banc de touche de l’équipe nationale.

Certains affirment qu’il s’agit d’une affaire de peu d’importance. En effet, à cinq minutes près, la Tunisie n’aurait pas concédé le but égalisateur du Mali lors des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, ce qui aurait pu les dispenser de perdre aux tirs au but une demi-heure plus tard. Cela aurait également permis au sélectionneur de l’époque, Sami Trabelsi, d’accompagner les Aigles de Carthage en Amérique. De plus, plus récemment, déjà sous Sabri Lamouchi et avec un peu plus de réussite, la Tunisie avait nettement dominé son adversaire lors d’un match de préparation pour la Coupe du monde contre l’Autriche, où les Tunisiens avaient touché trois fois le poteau et provoqué l’expulsion de Konrad Laimer en première période, avant de s’incliner finalement 1-0.

Rien ne garantit que dans un tel univers parallèle, la lourde défaite infligée par la Suède (1-5) lors de leur entrée dans cette Coupe du monde 2026 aurait pu être évitée. Cependant, Sabri Lamouchi aurait eu plus de chances de sauver son poste avec une ou deux références supplémentaires, autres qu’une faible victoire 1-0 contre Haïti et un dernier match d’essai catastrophique contre la Belgique, dont le score final (5-0) préfigurait le désastre qui aboutirait à l’éviction de Lamouchi en pleine compétition. Ce scénario, rocambolesque, n’est pas totalement inédit dans l’histoire de la Coupe du monde, et encore moins dans celle de la Tunisie. Henryk Kasperczak avait subi le même sort que Sabri Lamouchi après deux défaites en phase de groupes en 1998.

Hervé Renard prend ses fonctions, Khazri reste

L’ancien international français avait tenté de motiver ses joueurs en tenant un discours sévère lors de la conférence de presse après la défaite contre les Diables Rouges (« nous n’avons tout simplement pas été à la hauteur. Il y avait une différence flagrante entre ces deux équipes »), mais, faute de résultats tangibles, il avait finalement changé de ton après la rencontre contre la Suède : « nous avons notre fierté. Nous devons réagir. Nous devons donner une meilleure image. »

La Fédération tunisienne de football a donc jugé que cette rédemption aurait plus de chances de se produire avec Hervé Renard à la tête de l’équipe nationale. L’ancien sélectionneur du Maroc et de l’Arabie saoudite arrive à Monterrey accompagné de l’analyste vidéo Nicolas Baudoin, du préparateur physique David Barriac et de l’entraîneur des gardiens Gilles Fouache, selon les informations de L’Équipe. De l’ancien staff, seul Wahbi Khazri semble avoir échappé à ce remaniement rapide.

Hervé Renard remplace Sabri Lamouchi sur le banc de la Tunisie, après la lourde défaite inaugurale des Aigles de Carthage contre la Suède lors de la première journée de la phase de poules de la Coupe du monde 2026
Hervé Renard remplace Sabri Lamouchi sur le banc de la Tunisie, après la lourde défaite inaugurale des Aigles de Carthage contre la Suède lors de la première journée de la phase de poules de la Coupe du monde 2026 - Samantha Chow/AP/SIPA et Matias Delacroix/AP/SIPA

Le gouvernement tunisien s’était opposé à l’arrivée d’Haise en janvier

L’arrivée d’Hervé Renard soulève des questions, d’autant plus qu’elle marque un recul politique par rapport au début de l’année. En effet, après le limogeage de Trabelsi, la Fédération tunisienne avait scellé un accord avec Franck Haise, dont les compétences ne sont plus à prouver, mais le ministère tunisien des Sports s’était opposé à cette décision, souhaitant privilégier les entraîneurs locaux. Plusieurs candidats, comme Mehdi Nafti, avaient également décliné l’offre, ce dernier souhaitant composer avec un staff espagnol, comme l’a indiqué le DTN tunisien Zied Jaziri.

Bien qu’à cet instant, Renard, par son charisme et sa capacité à mobiliser, puisse sembler être un choix séduisant, il est crucial de s’interroger sur la multitude d’erreurs ayant conduit à ce dernier recours, et par conséquent sur la gouvernance du football tunisien. Anciennement grande référence du football africain, la Tunisie est en retrait par rapport à ses voisins du nord du continent, notamment le Maroc, en matière de formation et d’infrastructures sportives. Le stade de Radès est le dernier homologué par la CAF pour les grandes compétitions, tandis que l’équipe résidente, l’emblématique Espérance de Tunis, porte le poids d’un football de club national également en déclin. Un exploit d’Hervé Renard lors de la Coupe du monde pourrait permettre de masquer temporairement les problèmes, mais ne résoudra pas la crise sportive dans son ensemble.