Steven Soderbergh utilise l’IA pour ressusciter John Lennon, polémique.
Steven Soderbergh a accordé une interview à Deadline pour discuter de son documentaire John Lennon : The Last Interview, dans lequel il a utilisé une IA générative fournie par Meta pour composer environ 10 % des séquences. Le film s’appuie sur une interview de John Lennon captée le 8 décembre 1980, quelques heures avant son assassinat par Mark David Chapman.
Steven Soderbergh était conscient qu’il ne ferait pas que des adeptes, mais il assume complètement son choix. À l’approche de la première de son documentaire *John Lennon : The Last Interview*, le réalisateur oscarisé a donné une interview à *Deadline* où il dévoile les coulisses de ce film, en particulier sa décision d’utiliser l’intelligence artificielle pour certaines séquences.
Le film repose sur une interview de près de trois heures avec John Lennon, enregistrée le 8 décembre 1980 par une équipe de RKO Radio, quelques heures avant l’assassinat du musicien par Mark David Chapman devant son immeuble à New York. John Lennon et Yoko Ono y discutent de leur vie de couple, de la parentalité et de leur album *Double Fantasy*, sans se douter qu’il s’agit de leur dernière conversation. Pour créer un support visuel à cet enregistrement sonore, Steven Soderbergh a décidé d’associer, en plus d’images d’archives, une IA générative fournie par Meta afin de concevoir des séquences plus abstraites et introspectives. Environ « 10 % du film » contient ainsi ces images générées par IA, que le cinéaste décrit comme un « surréalisme thématique ». Cependant, Steven Soderbergh admet que ce choix n’a pas été motivé uniquement par des considérations esthétiques.
**Un choix avant-gardiste ?**
Steven Soderbergh a opté pour une technologie développée par Meta principalement parce que le géant du numérique a proposé de cofinancer le projet en échange d’une utilisation concrète de ces outils. « Il faut être honnête avec le public. Je ne cherche pas à tromper ou à manipuler », a déclaré le réalisateur d’*Ocean’s Eleven*, alors que de nombreuses critiques s’élèvent contre l’utilisation d’images générées par IA dans un film présenté à Cannes.
Pour lui, cette technologie n’est pas fondamentalement différente des effets spéciaux ou du CGI. Il précise qu’en l’absence de Meta, ces séquences auraient coûté « une somme astronomique » à produire par une entreprise d’effets spéciaux traditionnelle. Une explication qui risque de ne pas convaincre les professionnels du secteur, tout comme la dernière déclaration de Steven Soderbergh affirmant que John Lennon aurait approuvé cette expérimentation. « C’était quelqu’un de pro technologie et d’avant-gardiste », a-t-il conclu.

